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Ordonnances: les syndicats en majorité mécontents, le patronat satisfait

Édouard Philippe, le Premier ministre, et Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, ont présenté ce jeudi les ordonnances qui réformeront le code du travail. Si la CFDT ou la CGT dénoncent le texte, FO reste indécise. Pour Pierre Gattaz, patron du Medef, ce texte est "une première étape importante".

Certains ont eu des mots durs contre les ordonnances présentées par le gouvernement ce jeudi. "Cette réforme n'est pas à la hauteur", a déclaré à la presse Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Malgré une "concertation loyale et sincère" avec le gouvernement, Laurent Berger a exprimé sa "profonde déception face à l'opportunité qui était de faire du dialogue social un élément central de la gouvernance des entreprises".

Même son de cloche du côté de la CGT. "Toutes les craintes que nous avions sont confirmées et la crainte supplémentaire c'est évident et c'est écrit: c'est la fin du contrat de travail", a estimé Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, appelant "les travailleurs, les retraités et les jeunes à aller dans la rue le 12 septembre", date où la CGT appelle à une journée de mobilisation.

François Hommeril (CFE-CGC) a dénoncé un projet "qui ne traite finalement que de flexibilisation" et va entraîner "une précarisation plus importante des salariés".

"On a consolidé la branche"

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, est, lui, plus tempéré. "Nous avons toujours dit qu'il y avait trois colonnes: ce que nous obtenons, ce que nous avons évité et ce sur quoi nous sommes en désaccord, il y a des éléments des trois". Et il a ajouté: "On a consolidé la branche" mais "il reste des points de désaccord", a-t-il dit, citant la possibilité pour les entreprises de moins de 20 salariés de négocier avec un employé non élu et non mandaté par un syndicat, a-t-il précisé.

En revanche, certains sont heureux du texte présenté. Le président du Medef, Pierre Gattaz, a estimé que la réforme pouvait conforter la confiance des entreprises et donc "redonner, in fine, de l'emploi". Et il a ajouté: "Cette réforme par ordonnances est une première étape dans la construction d'un droit du travail en phase avec les réalités quotidiennes des entreprises".

Le président de la Confédération des PME François Asselin a aussitôt salué une réforme "particulièrement pragmatique", et l'U2P, qui représente artisans, commerçants et professions libérales, s'est dite "pleinement satisfaite". "Aujourd'hui, je dois vous dire notre satisfaction d'avoir été entendu sur la quasi-totalité des points que nous avions soulevés", a déclaré Alain Griset, son président.

D. L.