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Néo Sécurité: «Au moins 3000 emplois perdus»

Jean-Michel Houry, directeur et fondateur de Néo Sécurité

Jean-Michel Houry, directeur et fondateur de Néo Sécurité - -

En cessation de paiement, Néo Sécurité, le numéro 2 français de la sécurité, en appelle à l’Etat. 3000 à 5000 emplois pourraient être détruits. Ce serait la faillite d'entreprise la plus importante sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. « Ça va coûter 15 millions à l’Etat », prévient son directeur sur RMC.

Casse sociale en vue dans le secteur de la sécurité. Chez Néo Sécurité, 3.000 à 5.000 emplois pourraient être détruits, d'ici le second tour de la présidentielle. Ce serait la faillite d'entreprise la plus importante sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, une véritable bombe à retardement pour le président candidat, qui s’est dit ce mercredi matin, prêt à recevoir les dirigeants de Néo Sécurité.
Cette entreprise 100% française compte 5000 salariés répartis sur tout le territoire, avec entre leurs mains notamment, la sécurité de l'ambassade des Etats-Unis à Paris, celle de Disneyland ou encore celles de sites à risques tels que des raffineries de pétrole, des chantiers navals maritimes, des banques... Des contrats qui ne suffisent pas à éponger les pertes de l'entreprise qui remontent à sa création en 2009, sur les ruines d'un autre géant de la sécurité, le Britannique GS4. Restructuration et retour à l'équilibre prennent du retard, les pertes s'accumulent. La justice décide la mise en place d'un plan de sauvegarde, un fond d'investissement doit apporter 25 millions d'euros, mais tardivement, il se rétracte.

« Ça va coûter 15 millions à l’Etat »

Prochaine étape, le 3 mai devant le tribunal de commerce de Paris, 3 jours avant le second tour de la présidentielle. Si aucun repreneur n'est trouvé d'ici là, Néo Sécurité mettra la clé sous la porte et ça coûtera cher à l'Etat, prévient son directeur et fondateur, Jean-Michel Houry, qui lance un appel au secours à Nicolas Sarkozy : « Dès que nous serons mis en redressement judiciaire, c’est l’Etat qui va prendre en charge le premier mois de salaire et les charges sociales. Ça va coûter pratiquement 15 millions. Il y aura liquidation et je pense qu’il y aura au moins 3000 emplois de perdus. Il va falloir les indemniser ; je pense qu’on ne sera pas loin de 100 milliards. Je lance un appel à l’Etat et donc à son chef, monsieur Nicolas Sarkozy, afin qu’une entreprise puisse continuer à vivre ».

« L’Etat a toujours une bonne raison pour ne pas faire… »

Persuadé que « la sécurité, privée et publique, est un secteur stratégique pour la France », Jean-Michel Houry explique : « Depuis que nous savons que cet investisseur n’arrivera pas, nous sommes passés à peu près partout et nous nous sommes tournés vers l’Etat, où il y a une écoute intéressante et agréable. Mais concrètement, nous ne débouchons sur rien, parce qu’il y a toujours une bonne raison pour ne pas faire ; et c’est regrettable ».

La Rédaction, avec Christophe Bordet