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"Ne mettons pas en défaut cette loi" plaide le vice-président du Medef

Thibault Lanxade était l'invité de BFM Business.

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Thibault Lanxade était l'invité de BFM Business ce vendredi 4 mars. Le vice-président du Medef en charge des TPE-PME a défendu la loi El-Khomri qui apporte "les clés pour faire baisser la courbe du chômage".

Pour Thibault Lanxade, vice-président du Medef en charge des TPE-PME, les syndicats sont dans une position difficile en ce moment. Si d'un côté, ils estiment que la réforme du droit du travail est nécessaire, ils n'arrivent pas à s'exprimer d'une seule voix. "On voit une mobilisation syndicale qui est complexe. Ce sont les réformateurs contre des conformistes".

La fragile union syndicale s'est fissurée jeudi, lors de deux intersyndicales, l'une visant à réfléchir sur les amendements à proposer au gouvernement, l'autre sur les contours de la mobilisation du 31 mars. Jeudi matin, une dizaine d'organisations, dont la CGT, la CFDT, FO et FSU, se sont réunies pendant près de quatre heures. Mais seuls les syndicats dits "réformistes" (CFDT, CFE-CGC, CFTC, Unsa) et la Fage ont paraphé un communiqué pour réclamer "impérativement" une modification "en profondeur" de la loi El Khomri. Les autres (CGT, FO, FSU, Union syndicale Solidaires, Unef, UNL , FIDL) ont demandé le retrait pur et simple du texte.

"Les clés pour faire baisser la courbe du chômage"

Les réformistes ont fait des propositions notamment sur le licenciement économique: la loi "doit permettre aux juges d'apprécier la réalité des difficultés économiques et retirer le périmètre national", selon le communiqué. La version initiale du projet précise les motifs du licenciement économique (baisse du chiffre d'affaires, commandes, pertes d'exploitation) et réduit le périmètre à la France, ce qui est vu par la CFDT comme une incitation au dumping social pour les groupes multinationaux. 

Thibault Lanxade rappelle l'importance de cette loi. "Elle tend vers la mobilité, la flexibilité. Ce sont les clés pour faire baisser la courbe du chômage".

Le vice-président du Medef insiste: "Je comprends l'inquiétude des jeunes qui avec un taux de chômage aussi élevé, de 25%, le plus haut d'Europe, ont des difficultés à s'insérer dans le monde du travail. Mais ne mettons pas en défaut cette loi qui au contraire va donner plus de flexibilité, plus de souplesse, pour pouvoir s'insérer sur le marché de l'emploi de façon plus pérenne". Il donne l'exemple des licenciements économiques. "70% des chefs d'entreprise ont peur d'embaucher. Il faut revoir cela".

Et il déplore: "Il y a beaucoup d'intoxication. On voit bien qu'on a réactivé des cellules un peu dormantes, on voit bien qu'on a très exactement les mêmes caractéristiques que sur le CPE où on va titiller les lycéens et les milieux étudiants". Pour Thibault Lanxade, il faut faire preuve de pédagogie pour éviter des rassemblements massifs contre ce projet de réforme.