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Montebourg détaille son plan de "résistance économique" et s'en prend aux banques

Arnaud Montebourg a estimé que les banques ne "faisaient pas leur travail".

Arnaud Montebourg a estimé que les banques ne "faisaient pas leur travail". - -

Après avoir présenté son "plan de résistance économique" en Conseil des ministres, Arnaud Montebourg a fustigé le rôle des banques dans les difficultés rencontrées par les entreprises.

On en sait un peu plus sur le "plan de résistance économique" du gouvernement. A la sortie du Conseil des ministres, Arnaud Montebourg a détaillé les mesures prises pour aider les entreprises en proie à des difficultés économiques, "mais avec des perspectives de rebond, de reprise et de viabilité". Ce plan s'adressera aux entreprise en difficultés "de plus de 400 salariés".

Le ministre du Redressement productif a confirmé que ce plan serait doté de 380 millions d'euros. Le Fonds de développement économique et social (FDES), qui dispose actuellement de 80 millions d'euros, sera abondé à hauteur de 300 millions. Une somme que l'Etat "empruntera sur les marchés financiers, et prêtera aux entreprises pour accompagner des reprises, des investisseurs, et des stratégies de relance industrielle".

Des prêts qui se feront sous conditions, selon le ministre. Il faudra en effet "qu'ils soient remboursés", ce qui implique que le gouvernement "croit au projet industriel". Mais il a également prévenu: "ces prêts s’accompagneront souvent d’un changement de direction ou d’actionnariat".

Les banques "refusent de faire leur travail"

Arnaud Montebourg s'en est ensuite pris vertement au secteur bancaire. "Il y a un certain nombre de soutiens financiers qui manquent à l’appel, le système bancaire ayant durci les conditions d’accès à son crédit", a-t-il déclaré. "Nous sommes confrontés au refus par les banques de faire leur travail, c’est-à-dire de prendre des risques, de partager le risque."

Selon lui, la logique de ce plan est simple: "nous préférons assurer ce que les banques et les défaillances du système bancaire n’assurent pas. Plutôt que de reconstruire, nous préférons conserver ce qui peut encore fonctionner."

Car sans l'intervention de l'Etat, les banques auraient "tué ces entreprises", a-t-il assuré.

Une ordonnance pour modifier les faillites

Enfin, le ministre du Redressement productif a annoncé une modification de la loi sur les faillites, qu'il prépare "avec Christiane Taubira", la garde des Sceaux, via une ordonnance qui paraîtra "dans les prochaines semaines.

Celle-ci permettra aux entreprises "d’accéder aux mesures de prévention avant le dépôt de bilan". Mais aussi aux créanciers "de soumettre des plans permettant la poursuite de l’activité", un pouvoir détenu exclusivement par l'actionnaire.

En outre, la nouvelle version permettra à ces mêmes cranciers "d'exiger le départ des actionnaires" dans certains cas.

Une stratégie qui, selon Arnaud Montebourg, "contribuera à l’inversion de la courbe du chômage, qui est notre objectif."

Yann Duvert