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Medef: Gattaz pas assez combatif pour sa base

Pierre Gattaz perd de la crédibilité auprès des adhérents du Medef qui se radicalisent.

Pierre Gattaz perd de la crédibilité auprès des adhérents du Medef qui se radicalisent. - Eric Piermont - AFP

Quand bien même il s'est fait élire à la tête de l'organisation patronale en promettant un "Medef de combat", Pierre Gattaz perd de la crédibilité auprès de sa base, ulcérée par le compte-pénibilité.

La colère des patrons ne faiblit pas. La mobilisation lancée par les organisations patronales début décembre n'a pas calmé les esprits. Preuve en est la pression exercée par les chefs d'entreprise sur la direction du Medef.

Cette semaine lors d'une réunion de l'organisation patronale, certains en ont même appelé à la grève des impôts. L'objet du ras-le-bol: encore et toujours le compte pénibilité.

Une exaspération qui pourrait à terme affaiblir le président du Medef lui-même. Car Pierre Gattaz s'est fait élire à la tête de l'organisation patronale grâce à son positionnement pour un Medef de combat. Une posture qu'il réaffirme régulièrement en demandant l'abrogation des 35 heures, une révision des règles de licenciements ou la fin de l'ISF.

"Un coup de couteau dans le dos"

Mais ces revendications ne suffisent plus à rassurer ses troupes. Même sa semaine de mobilisation patronale - avec sifflets à l'appui - n'a pas eu l'effet escompté. "Nos chefs d'entreprise ne nous écoutent plus", raconte, inquiet, un cadre haut placé du Medef. "Notre parole devient inaudible, il y a une vraie radicalisation".

Ce qui a mis le feu aux poudres, c'est la mise en place du compte pénibilité. Cette mesure, contenue dans la dernière réforme des retraites, prévoit un traitement particulier pour les salariés ayant subi des conditions de travail particulièrement difficiles. Mais sa mise en œuvre, qui consisterait à comptabiliser le nombre d'heures passées par chacun dans des positions inconfortables, ou dans un environnement pénible, paraît extrêmement compliquée aux dirigeants d'entreprises.

Un grand nombre de patrons, surtout dans les petites entreprises, dénoncent "un coup de couteau dans le dos". La pénibilité efface tout le reste: les futures baisses de charges du Pacte de responsabilité, le CICE... Les chefs d'entreprise se méfient désormais de mesures présentées comme étant en leur faveur, alors qu'elles s'accompagnent de contreparties qu'ils jugent néfastes.

Les négociations sur le Pacte en sont l'illustration parfaite. Pierre Gattaz en revendique même la paternité avec son Pacte de confiance. Mais les chefs d'entreprise ont du mal à le suivre. Certains allant jusqu'à lui reprocher de trop coopérer avec le gouvernement.

Isabelle Gollentz et BFMBusiness.com