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Marseille conjugue violence et économie dégradée

26 % de la population de Marseille vit en dessous du seuil de pauvreté.

26 % de la population de Marseille vit en dessous du seuil de pauvreté. - -

Un comité interministériel se penche, jeudi 6 septembre, au chevet de la cité phocéenne pour établir un plan d’action contre la criminalité croissante. Marseille est aussi la métropole la plus pauvre de France.

Marseille, ville à la dérive. Depuis le début de l’année, la cité phocéenne a, en effet, été le lieu d’une vingtaine de règlements de compte sanglants. Face à cette situation exceptionnelle, 13 membres du gouvernement se réunissent cet après- midi autour de Jean-Marc Ayrault pour élaborer un programme d’actions destiné à endiguer la criminalité.

Lors de ce comité ministériel, la lutte contre le blanchiment d’argent, le renforcement du nombre de magistrats, le changement de l’organisation policière seront naturellement abordés.

Mais au-delà des questions d’insécurité, le gouvernement a aussi promis de s’attaquer à la scolarité, à la formation, au développement économique, au désenclavement de quartiers et à la rénovation de logements … Tous sont des épiphénomènes du mal qui ronge la ville de Marseille : la pauvreté et une situation économique particulièrement dégradée.

Des disparités entre les quartiers du Nord et du Sud

Selon le bureau d’études Compas, 26 % de la population de Marseille (soit 93 179 ménages) est sous le seuil de pauvreté fixé à 954 euros (soit moins de 60 % du revenu médian national après prestations et avant impôts). Roubaix arrive en tête de ce classement avec 46 % de la population vivant sous ce seuil.

Mais si l’on examine le revenu moyen de ces ménages pauvres, la situation des marseillais s’avère plus précaire avec 629 euros en moyenne par mois, contre 679 euros pour les habitants de l’ex-cité textile, nettement moins peuplée.

En fait, Marseille rassemble sur son territoire, le plus vaste des communes françaises, à la fois des populations fragilisées et beaucoup d'assujettis à l'ISF. « On y trouve une pauvreté importante et un dynamisme économique », remarque Hervé Guéry, directeur du cabinet Compas, dans La gazette des communes. Les inégalités sont, en effet, criantes entre les quartiers du nord et ceux de la Corniche, par exemple.

Tout l’enjeu est donc de donner à Marseille les moyens de rénover son tissu urbain. Mais les finances de la ville souffrent de la faiblesse des rentrées fiscales liées à la situation de la majorité de la population.

Pour relancer l’activité économique, la ville dispose pourtant d’atouts comme sa position géographique, ses voies de communication, son port, la jeunesse de sa population.

Mais les pouvoirs publics devront rassurer les éventuels investisseurs qui souhaiteraient s‘implanter dans la ville. La tâche est rude.

Le titre de l'encadré ici

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Les indicateurs  de la pauvreté :

> 17, 3 % de chômeurs (moyenne nationale 10 %)

> 20 579 euros de revenu net par foyer (moyenne nationale 24 629 euros)

> 49,5% de foyers fiscaux imposables (moyenne nationale 54,7 % )

> 24% des habitants sans diplôme

Coralie Cathelinais