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Mali - Algérie : les Français peuvent-ils encore y travailler en sécurité ?

Une quarantaine d'otages de BP en Algérie serait détenue par un groupuscule terroriste

Une quarantaine d'otages de BP en Algérie serait détenue par un groupuscule terroriste - -

Malgré la prise en otage d’une quarantaine d’employés BP sur le site d’In Amenas en Algérie, des entreprises de prévention du risque estiment qu'il est possible de garantir la sécurité des Français.

L'offensive au Mali se poursuit, et le conflit se durcit. Une prise d'otages a eu lieu le 16 janvier au matin sur un site de la compagnie pétrolière BP en Algérie, à In Amenas. Elle a été revendiquée par des combattants d'Al-Qaida venus du Mali.

Il s’agirait de représailles à l'engagement militaire de l’Hexagone dans la région. Néanmoins, selon la porte-parole du gouvernement, la présence de Français parmi les otages n'est pas confirmée.

D’autres attaques pourraient viser les groupes français implantés dans la région. D’où cette question : la sécurité des travailleurs et groupes français dans cette zone est-elle encore garantie ?

Louis Caprioli, conseiller spécial chez GEOS, entreprise de prévention et de management du risque, le croit. D’abord parce que "toutes les entreprises françaises installées au Mali le sont dans le sud du pays", assure-t-il. Or les islamistes n’occupent actuellement que le Nord du Mali, et ont été repoussés par les troupes françaises avant d’entrer dans la capitale Bamako.

Des entreprises occidentales en Afghanistan

Par ailleurs, avec le déploiement de la force française sur le territoire, "les conditions de sécurité seront renforcées", souligne Louis Caprioli.

Pour lui donc, "on peut continuer à travailler, en prenant évidemment toutes les mesures de précautions". Ces normes censées garantir la sûreté des travailleurs français sont imposées par les responsables de la sécurité de chaque entreprise. Parmi elles figure notamment l’interdiction de fréquenter des lieux publics, de se déplacer dans certains endroits.

Les entreprises françaises ont fait de "vastes progrès en termes de sécurité ces dix dernières années", estime le conseiller spécial, qui rappelle qu’aujourd’hui encore, des entreprises occidentales travaillent en Afghanistan.

En Algérie, le respect des normes par les travailleurs n’a visiblement pas suffit : les assaillants ont lancé mercredi à l'aube une attaque contre un bus transportant des employés du complexe gazier d'In Amenas. En dépit de l’intervention de l’armée algérienne et des forces de sécurité, ils ont réussi à se retrancher dans les locaux de l’entreprise avec une quarantaine d’otages. Le site est actuellement encerclé par les autorités.

Nina Godart