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Loi Travail: Macron espère que les députés réintroduiront des mesures supprimées

Emmanuel Macron n'a que peu goûté les modifications sur la loi Travail

Emmanuel Macron n'a que peu goûté les modifications sur la loi Travail - Thomas Samson - AFP

"Le ministre de l'Économie affirme espérer que le débat parlementaire permettra de rajouter des mesures qui ont été supprimées du texte à la demande des syndicats réformistes. Il explique qu'à force de vouloir protéger les jeunes, "on les protège du travail"."

Visiblement, le "compromis" présenté lundi par Manuel Valls ne sied guère à Emmanuel Macron. Lundi, le Premier ministre a dévoilé une nouvelle version du projet de loi Travail avec d'importants aménagements censés convaincre les syndicats réformistes (CFDT, CFE-CGC), qui n'étaient guère emballés par la première mouture du texte.

Sauf qu'au goût du ministre de l'Économie, ce ravalement de surface a été bien trop loin. "J’espère que le débat parlementaire permettra de réintroduire des dispositions de bon sens qui ont été retirées à la demande des syndicats réformistes et des organisations de jeunesse", a-t-il affirmé lors du Mipim de Cannes, selon Le Monde.

"À force de vouloir prendre des mesures protectrices pour les jeunes, on ne les protège pas au travail mais on les protège du travail. J’avoue que je n’arrive pas à m’y résoudre", a-t-il déploré. 

Le ministre en a d'ailleurs remis une couche mercredi sur Europe 1. Emmanuel Macron estime que la nouvelle version est "un bon texte qui permet une avancée. Le Premier ministre et le gouvernement souhaitaient aller plus loin. Face aux protestations, ils ont, de manière réaliste, décidé d'adopter un nouveau texte avec des avancées importantes, ont ajouté certaines choses, en ont retiré d'autres".

"Il faut aller plus loin"

"Avance-t-on aussi loin qu'on l'avait voulu? D'évidence non, a ajouté Emmanuel Macron. Mais je pense que c'est un texte important qui va permettre de vraies avancées". Le ministre s'est notamment réjoui que "la reforme du licenciement économique (soit) préservée" et du fait qu'elle puisse "permettre d'aligner la France sur le droit de l'Union européenne".

L'exécutif a fait marche arrière sur deux points particuliers, répondant de fait aux demandes de la CFDT. La première est le barème des indemnités prud'homales pour licenciement abusif qui, s'il existe toujours, est désormais purement indicatif, et ne fait plus force de loi. Or cette mesure visait à donner de la visibilité au patronat pour lever "la peur de l'embauche". "Je pense qu'il faut aller plus loin, je pense que c'est faisable. Sur la justice prud'homale, nous allons rapidement travailler avec (la ministre du Travail) Myriam El Khomri pour proposer un barème indicatif", a encore précisé Emmanuel Macron sur Europe 1 ce mercredi. 

Autre concession du gouvernement: l'abandon de la possibilité pour les dirigeants de PME de moins de 50 salariés d'imposer le forfait-jour sans accord d'entreprise. Cette mesure, présente dans l'avant-projet de loi, a été désormais mise aux oubliettes.

A contrario, Emmanuel Macron s'est réjoui de voir que les critères pour définir le licenciement économique n'avaient pas bougé. "Cela va permettre d’aligner la France sur le droit de l’Union européenne. C’est le début de l’adaptation de notre économie à la modernité, qui va ouvrir plus d’agilité et en même temps plus de sécurité individuelle, non pas statutaire ou corporatiste", se réjouit-il. 

J.M.