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Les syndicats appellent le gouvernement à ne pas oublier les travailleurs de "deuxième ligne"

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- - Sébastien Bozin - AFP

Les syndicats s'attendaient à ce que des annonces soient faites pour ces travailleurs la semaine dernière lors d'une rencontre avec Emmanuel Macron, ce qui n'a pas été le cas. Ils s'inquiètent d'un risque de détérioration du climat social dans le pays si rien n'est fait.

Les numéros un des principaux syndicats ont regretté ce jeudi que les travailleurs de "deuxième ligne" aient été "oubliés" par l'exécutif. Mi-mai, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait assuré à propos des "invisibles" en première ligne dans la crise (caissières, agents de nettoyage, etc.) qu'elle allait "convoquer les branches professionnelles concernées pour que l'on regarde comment elles peuvent, dans leurs classifications, dans leur évolution de salaires, prendre en compte ces métiers qui ont besoin d'être valorisés."

Lors d'une réunion entre les partenaires sociaux et Emmanuel Macron la semaine dernière, les syndicats s'attendaient à ce que des annonces soient faites pour ces travailleurs, ce qui n'a pas été le cas.

"J'ai été très étonné qu'on ne parle plus du tout des 'deuxième ligne'", a déclaré Yves Veyrier, le secrétaire général de FO, lors d'un "grand débat" en visioconférence entre les dirigeants des principales organisations patronales et syndicales, organisé par l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis). "Il y aurait besoin de relancer la négociation au niveau des branches", a estimé Laurent Berger, appelant ses pairs à "ne pas lâcher" sur ce dossier.

Passer aux actes

Pour Yves Veyrier, traiter ce sujet "au niveau des branches, c'est un peu juste". "Il faut réviser l'échelle de valeurs. C'est pas seulement augmenter de 50 euros le Smic. Il faut qu'on reconsidère complètement ces métiers en termes de formation, de qualification et (...) de rémunération".

"Il faut passer de la parole aux actes!", a lancé pour sa part Philippe Martinez, de la CGT, qui lui réclame une revalorisation du Smic. "Pour l'instant, on eu les applaudissements, les salutations du président, les encouragements, mais pour les actes, on n'a rien", a-t-il regretté.

"On recommence à les oublier. Si on oublie les premières lignes, le climat social va être détérioré pendant très longtemps", a prévenu Cyril Chabanier, président de la CFTC, invitant les entreprises à "arrêter la course au low cost".

Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, a lui estimé que lancer une négociation "n'aboutira à rien". Il a donné l'exemple des agents du nettoyage généralement embauchés par des entreprises sous-traitantes. "Dans les appels d'offres, l'unique critère est le prix. C'est valable pour les entreprises privées, comme pour les hôpitaux, comme pour les acteurs publics". La "seule solution" est donc de "renégocier ces contrats dans une économie qui soit moins low cost". Cette analyse a agacé Philippe Martinez. "Qui négocie avec les contrats, les prestataires? C'est bien les employeurs, non?", a-t-il rétorqué.

Alain Griset, de l'U2P (entreprises de proximité), a pointé "des comportements individuels en contradiction avec le souhait collectif: il faut que les Français se mettent d'accord sur ce qu'ils veulent. On ne peut pas demander à la fois des salaires plus élevés, pour vouloir acheter moins cher".

C.C. avec AFP