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Les seniors français souffrent au travail

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- - Jean-Christophe Verhaegen - AFP

La fin de carrière se passe plus mal en France que dans le reste de l’Europe, selon le dixième baromètre Edenred-Ipsos. Les 55 ans et plus manquent de reconnaissance et ont le sentiment d'être bloqués dans leurs carrières.

Voilà un baromètre dans lequel la France ne brille pas. Les seniors de l’Hexagone sont en souffrance dans les entreprises à des niveaux bien supérieurs que chez nos voisins européens. Selon le dixième baromètre Edenred-Ipsos (1), les plus de 55 ans sont moins de 40% à se dire "souvent heureux au travail ", contre plus de 70% aux pays bas ou 60% en Autriche.

Concernant le ressenti sur la qualité de vie au travail, l'écart entre la France et le reste de l’Europe est encore pire. Seuls 29% lui attribuent une note entre 8 et 10, contre 42% en moyenne en Europe.

Manque de considération et absence de transmission

Mais qu’est-ce qui explique un tel désamour entre les seniors et leur travail ? Selon le baromètre, il y a quatre raisons à cela. Le manque de considération de leur hiérarchie, en premier lieu. "Les Français ne sont que 46% à être satisfaits du respect avec lequel ils sont considérés, soit près de 25 points de moins que la moyenne européenne (70%)", met en avant l’étude.

Les entreprises seraient ensuite incapables de mettre en place une vraie transmission des compétences entre les générations. "60% des salariés de 55 ans et plus considèrent que les employeurs ne sont pas assez mobilisés sur la transmission et le renouvellement des compétences. Alors qu'ils ne sont qu’un quart seulement à partager cette opinion en Autriche ou Allemagne", poursuit l’étude qui met en avant les politiques de formation continue dans les autres pays européens.

Contrairement aux Suédois, les Français se plaignent également du manque de possibilités d'évolution au sein des entreprises ainsi que d'un faible accès à la formation. Les seniors français sont donc des salariés moins heureux que les autres européens. Beaucoup se sentent bloqués dans leur carrière alors qu'ils vont exercer pendant encore presque 10 ans. Seulement 23% des plus de 55 ans pensent qu’ils ont encore des possibilités d’évoluer, c'est deux fois moins que la moyenne européenne.

(1) Etude réalisée sur 1.600 salariés interrogés dans 14 pays européens dont près de 2 000 de 55 ans et plus

Laure Closier