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Les retraites du secteur public seraient une vraie bombe à retardement

La Cour des comptes évoque une menace sur la trésorerie du régime des fonctionnaires pour 2013. (Photo : AFP)

La Cour des comptes évoque une menace sur la trésorerie du régime des fonctionnaires pour 2013. (Photo : AFP) - -

Alors que le décret sur le retour partiel à la retraite à 60 ans est attendu dans quinze jours, la Cour des comptes met en garde le gouvernement sur le poids financier des retraites des fonctionnaires.

L'avertissement de la Cour des comptes est passé presque inaperçu. Pourtant, dans son rapport sur l'exécution budgétaire 2011 rendu public mercredi 30 mai, l'institution présidée par Didier Migaud pointe du doigt "des menaces à l'horizon 2013 sur la trésorerie" des régimes de retraites publics, fonctionnaires et agents couverts par un régime spécial.

Dépenses en hausse malgré la réforme de 2010

Selon la Cour, les dépenses liées aux pensions des fonctionnaires civils et militaires et des ouvriers de l'Etat - soit 55 milliards d'euros- ont augmenté de 1,8 milliard en 2011, soit 3,8%. Et ce, alors même que la réforme des retraites de 2010 a commencé à s'appliquer au secteur public depuis le 1er juillet dernier.

La principale disposition de cette réforme consiste à faire converger le taux de cotisation des fonctionnaires (8,12% actuellement) et celui des salariés du privé (10,55%), à raison d'une augmentation de 0,27% par an jusqu'en 2020. Cet alignement du public sur le privé devrait alors permettre trois milliards d'économies par an, selon le gouvernement précédent. Mais d'ici là, il faudra sans doute accroître le montant des crédits budgétaires pour payer les pensions des 1,8 millions de fonctionnaires retraités.

De même, la contribution de l'Etat à l'équilibre des régimes spéciaux de retraite du secteur public (SNCF, RATP, mines....), qui est actuellement de 6,6 milliards d'euros par an, devrait continuer d'augmenter.

1192 milliards d'euros d'engagements au minimum

Mais pour la Cour des comptes, le plus préoccupant tient dans le montant des engagements financiers "hors bilan", en clair ceux dont on ne connaît pas exactement le montant. Selon la Cour, l'Etat a actuellement une charge potentielle de 1192 milliards d'euros, soit 62% du PIB, représentant le versement des pensions dues aux retraités et futurs retraités du public. Pour les seuls fonctionnaires, cette dette virtuelle atteint déjà 505 milliards. Sans réduction du nombre de fonctionnaires recrutés à l'avenir, la charge ne pourra que croître.

Patrick Coquidé