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Les candidats d'origine maghrébine toujours discriminés à l'embauche 

Un tiers des entreprises testées se sont rendues coupables de discrimination à l'embauche.

Un tiers des entreprises testées se sont rendues coupables de discrimination à l'embauche. - Clemens Billan - AFP

Une étude publiée ce lundi par le ministère du Travail montre qu'un tiers des entreprises testées s'étaient rendues coupables de discriminations envers les candidats ayant un nom à consonance maghrébine.

Les candidats d'origine maghrébine sont discriminés par 30% des grandes entreprises étudiées dans le cadre d'une campagne nationale anti-discrimination, selon les résultats d'un testing publiés lundi par le ministère du Travail. Cependant, les résultats ne peuvent pas être extrapolés à l'ensemble des grandes entreprises, l'échantillon n'étant pas représentatif.

Entre avril et juillet, le cabinet ISM Corum a testé, pour le compte du ministère, 40 grandes entreprises (plus de 1.000 salariés). Il a répondu, pour chacune, à entre 30 et 40 offres d'emploi, en envoyant à chaque fois deux candidatures "rigoureusement équivalentes" (sexe, âge, lieu de résidence, nationalité française, expérience, formation), avec pour seule différence un nom à consonance "hexagonale" ou "maghrébine".

12 entreprises sur 40 concernées

Au total, 3.000 CV ont été envoyés en réponse à 1.500 offres, pour des postes d'employés ou de managers. Résultat: 12 des 40 entreprises se sont rendues coupables de discrimination envers les candidatures "maghrébines".

Dans ces entreprises, le taux de réponses positives des "maghrébins" a été inférieur de 15 à 35 points à celui des "hexagonaux". Toutes entreprises confondues, l'écart moyen s'est élevé à 11 points: 47% des candidatures "hexagonales" ont décroché un entretien, contre seulement 36% des candidatures "maghrébines".

Ces écarts en défaveur des candidatures "maghrébines" s'observent pour les recrutements d'employés (12 points) comme de managers (9 points), que ce soit pour les hommes (12 points) ou les femmes (10 points). L'étude met toutefois en évidence que, dans 71% des cas, les deux candidatures ont connu le même sort : aucune réponse (33%), refus (11%) ou réponse positive (27%).

Y.D. avec AFP