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Les agents des finances publiques en grève contre les suppressions de postes

Des agents manifestent devant Bercy.

Des agents manifestent devant Bercy. - Jacques Demarthon - AFP

Plusieurs centaines d'agents des finances publiques sont en grève. Ils dénoncent la "destruction" de la DGFIP.

Plusieurs centaines d'agents des finances publiques en grève se sont rassemblés devant Bercy pour dénoncer leur "ras-le-bol" face à "la destruction de la DGFIP", leur administration, la plus touchée par les suppressions de postes depuis des années, a constaté une journaliste de l'AFP. Entre 300 et 500 agents de la direction générale des finances publiques (DGFIP) se sont rassemblés en musique à proximité de leur ministère à l'appel de Solidaires, leur syndicat majoritaire, jour d'un comité technique au ministère devant "valider une nouvelle vague de suppressions d'emplois", selon le syndicat. Aucun taux de grévistes n'était disponible dans l'immédiat côté ministère ou syndicats, ni chiffres de manifestants côté préfecture de police.

"Ce rassemblement vise à signifier au directeur général notre ras-le-bol, face aux suppressions de postes qui continuent comme les conditions de travail continuent elles aussi à se dégrader et le maillage territorial à se réduire au détriment de la qualité des missions", a expliqué à l'AFP Anne Guyot-Welke, porte-parole de Solidaires finances publiques. Parlant d'un "véritable plan social" en cours "depuis des années" à la DGFIP, Anne Guyot-Welke a dénoncé "des choix gouvernementaux" qui "ne sont pas acceptables" et qui reposent "sur la volonté sans tabou de supprimer des missions ou de les confier au secteur privé" sans aucune analyse préalable des besoins réels.

37.600 emplois perdus depuis 2002

À l'instar de l'ensemble des syndicats de la fonction publique, Solidaires dénonce la mise en place, par le gouvernement, d'un "comité de l'action publique, CAP 22", intégrant des personnalités étrangères mais excluant les syndicats, qui doit réfléchir sur l'avenir de l'action publique et de ses services.

La Direction générale des Finances Publiques (DGFIP) a perdu 37.600 emplois depuis 2002 et "les années qui viennent verront disparaître entre 4000 et 5000 emplois par an sur la durée du quinquennat", selon le syndicat. Le projet de loi de finances 2018 prévoit 1600 suppressions de postes supplémentaires. Les agents dénoncent son "démantèlement" avec "la fermeture, la fusion, la concentration de structures et intègre de la flexibilité et la précarité dans les garanties des agents". Plus de "600 implantations notamment dans les zones rurales" vont fermer", selon Solidaires. "L'ensemble des missions de la DGFIP sont budgétairement rentables et socialement utiles, notamment avec une fraude et évasion fiscales qui grèvent les caisses de l'État de près de 80 milliards d'euros par an", estime le syndicat.

D. L. avec AFP