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Le gouvernement pas favorable à un coup de pouce pour le SMIC

Le SMIC est jugé comme étant trop élevé par les institutions internationales

Le SMIC est jugé comme étant trop élevé par les institutions internationales - Philippe Huguen - AFP

Selon le Figaro, le Premier ministre Bernard Cazeneuve souhaiterait s'en tenir à l'avis du comité d'experts, qui proposait de suivre strictement la formule revalorisant le salaire minimum.

L'exécutif devrait finalement rester ferme. Chaque année le salaire minimum (SMIC) est revalorisé le 1er janvier selon une formule complexe, partiellement indexé sur les gains de pouvoir d'achats des ménages les plus modestes.

À cause de la faible inflation, ces dernières années, le calcul stricto sensu aboutit à une progression faible (0,6% en janvier 2016). Néanmoins l'exécutif peut choisir d'aller au-delà de cette formule pour augmenter plus fortement le salaire minimum. C'est ce que l'on appelle le "coup de pouce", qui n'a toutefois plus eu lieu depuis le 1er juillet 2012, lorsque François Hollande avait décrété une hausse de 2%. 

Suivre les conseils des experts

Encore cette année, il y a de forte chance pour que l'exécutif choisisse de s'abstenir. Le 27 janvier dernier, Les Échos révélaient que le comité d'expert, qui a un avis consultatif sur le sujet, préconisait de s'en tenir à la formule de calcul, jugeant qu'un coup de pouce serait malvenu à l'heure où le chômage de jeune est encore élevé. Augmenter le SMIC (actuellement à 1.146 euros nets et 1.466 euros bruts) aurait alors comporté "un risque de déstabilisation", jugeaient-ils.

L'exécutif peut choisir de suivre ou non l'avis de ces experts.Mais a priori il va opter pour la prudence en faisant écho à leurs recommandations. En effet, d'après le Figaro, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a fait savoir vendredi à des syndicalistes qu'il n'était pas favorable à un coup de pouce. "Le gouvernement va suivre les recommandations du comité", confirme pour sa part, un syndicaliste cité par le quotidien.

In fine, la décision sera prise par François Hollande et devrait être annoncée le 19 décembre prochain. Mais il semble peu probable que le président ait un avis contraire à son Premier ministre. De plus, l'absence de coup de pouce serait cohérent avec la politique de baisse du coût du travail mis en œuvre par le président en 2014. D'autant que plusieurs institutions ont souvent critiqué le salaire minimum français, trop élevé à leur goût. C'est le cas de l'OCDE qui écrivait en mars 2015 que ce "salaire minimum élevé pèse sur l'emploi" et préconisait d'ailleurs d'éviter "tout hausse discrétionnaire" de ce salaire minimum, en évitant "les coups de pouce".

J.M.