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Le coronavirus reconnu comme maladie professionnelle pour les soignants: qu'est-ce que ça change?

Le coronavirus sera systématiquement et automatiquement reconnu comme maladie professionnelle pour les soignants.

Le coronavirus sera systématiquement et automatiquement reconnu comme maladie professionnelle pour les soignants. - JC Verhaefn-AFP

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé lundi soir que toute contamination des soignants par le coronavirus sera reconnue comme maladie professionnelle. Ce qui leur ouvre des droits à une meilleure prise en charge des soins et des indemnités plus favorables.

Alors que les Français sont confinés chez eux, le personnel soignant est mobilisé et se trouve exposé quotidiennement au covid-19. Lors de son allocution de lundi soir, le ministre de la santé Olivier Véran a rendu un hommage à ces professionnels dévoués, qui ont été frappés par les premiers décès. Il a aussi déclaré que le coronavirus sera systématiquement et automatiquement reconnu comme maladie professionnelle pour les soignants. "C'est la moindre des choses, il n'y a aucun débat là-dessus", a-t-il affirmé.

Des indemnités journalières plus généreuses

Que va apporter cette mesure aux infirmières, aides-soignants, et médecins qui vont contracter la maladie ? Déjà, ce statut de maladie professionnelle reconnue automatiquement évite de longues démarches auprès de l’Assurance maladie pour la faire reconnaître comme telle, et donc une prise en charge plus rapide.

La sécurité sociale prend en charge 100% des frais médicaux engendrés par les soins, alors que le taux des médicaments les plus prescrits varient entre 15% et 65% et que le remboursement d’une consultation est fixée à 70%.

Les indemnités sont aussi plus favorables au malade. En cas d’arrêt maladie, le salarié perçoit des indemnités journalières de base qui correspondent à 50% du salaire journalier. Mais en cas de maladie professionnelle, la CPAM verse des indemnités journalières (IJ) majorées. Celle-ci représente 60% du salaire jusqu’au 28ème jour d'arrêt (plafonnés à 205,84 euros par jour) et 80% au delà (plafonnés à 274,46 euros par jour). A ces sommes s’ajoutent éventuellement un complément versé par l’employeur. 

Et si jamais le soignant rencontrait des complications suite au coronavirus et ne pouvait reprendre son travail, le statut de maladie professionnelle lui permettrait d’obtenir une indemnité ou une pension, variable selon le taux d’incapacité permanente constaté.

Coralie Cathelinais