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La Police nationale recrute sur Instagram et Snapchat

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Depuis un mois, la Police nationale cherche ses futures recrues franciliennes sur les réseaux sociaux. Elle cible les jeunes de 18 à 30 ans, sportifs, engagés dans des associations et intéressés par le droit pour les inciter à rejoindre ses rangs.

Comment faire quand on a plein d’offres d’emploi, mais que les candidats ne se pressent pas au portillon? Ou que ceux qui se présentent n’ont pas le profil qu’il faut? C’est le problème qui se posait à la Police nationale. Chaque année, elle a besoin de recruter quelques 2700 jeunes, mais les bonnes candidatures font défaut.

Après avoir lancé un nouveau site de recrutement et des campagnes innovantes sur les métiers de policiers ces dernières années, la Police nationale innove à nouveau en 2019: elle passe par Snapchat, Instagram ou Facebook pour identifier les candidats parfaits. Et surtout les inciter à postuler.

Cibler les profils idéaux

Pour cette opération inédite, la Police nationale s’est associée avec une start-up spécialiste du recrutement via les réseaux sociaux, Bonanza. Dans un premier temps, ils ont défini ensemble les profils idéaux pour devenir adjoint de sécurité, le "premier grade" de la Police. Ces candidats rêvés sont ceux qui devaient, dans un second temps, être ciblés par la campagne de la Police pour les attirer dans ses rangs.

Quel est ce profil idéal? Pour occuper ces postes de contractuels, il faut être âgé de 18 à 30 ans, de nationalité française, au casier judiciaire vierge. Sur ce dernier point, difficile d’identifier ceux qui ont un casier de ceux qui n’en ont pas simplement avec les infos qu’ils laissent sur les réseaux sociaux. En revanche, ils laissent des traces qui permettent de savoir s'ils ont bien les "soft skills", les qualités personnelles qu’il faut pour devenir policier.

Des jeunes altruistes et sportifs

Ainsi, Bonanza a recherché des gens "dont l’activité sur les réseaux sociaux montre qu’ils sont engagés dans des associations humanitaires, ou dans des groupes d’entraide", explique Franck Magnan, le cofondateur de Bonanza. Un esprit citoyen et altruiste nécessaire pour occuper le poste d’adjoint de sécurité, dont les missions consistent par exemple à faire traverser les enfants en sécurité à la sortie des écoles, ou à tenir l'accueil des commissariats.

Autres qualités recherchées: l’intérêt pour le droit et la justice, et la pratique d’un sport. Pour trouver ces profils, Bonanza s’est intéressé aux étudiants en Staps, à ceux qui ont mis un terme à leurs études de droit, etc. Au total, la start-up a identifié quelques 390.000 jeunes actifs franciliens correspondant à tous ces critères.

240 candidats, aucun troll

Depuis un mois, la Police Nationale leur diffuse à eux spécifiquement sa campagne de recrutement. Et à ceux qui interagissent avec la campagne, elle envoie des messages pour les faire passer à l’action, et postuler. En un mois donc, la Police a reçu 240 candidatures via cette opération. Que des candidatures sérieuses, "aucun trolling n’a été à déplorer jusque-là", se félicite le co-fondateur de Bonanza.

Cette campagne de recrutement sur les réseaux sociaux de la Police était un test qui se finira mi-décembre. L’opération était circonscrite à l’Ile-de-France, ou la Police nationale recrute un tiers des 2.700 ADS dont elle a besoin chaque année. Si le bilan est positif, la Police devrait poursuivre ce partenariat avec Bonanza, et l’élargir à toute la France.

Nina Godart