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La justice accorde un délai au groupe Doux

Le groupe Doux fait travailler directement et indirectement au moins 6800 personnes.

Le groupe Doux fait travailler directement et indirectement au moins 6800 personnes. - -

Le tribunal de commerce de Quimper a décidé, le 1er août, de mettre le pôle "frais" en liquidation judiciaire mais de repousser au 9 octobre sa décision sur les 22 autres sociétés du volailler Doux, laissant ainsi à Charles Doux le temps de peaufiner son plan de relance.  Mise à jour le 2 août à 15 heures

Doux obtient un sursis de deux mois. En tout cas pour la majeure partie de ses activités. Le tribunal de commerce de Quimper devait trancher mercredi entre les offres de reprise et le plan de continuation de l’activité du volailler. Il a finalement indiqué qu’il allongeait sa période d’observation jusqu’au 9 octobre.

En revanche le pôle frais, l'une des 23 sociétés du groupe, qui emploie 1700 personnes sur 4200, est placé en liquidation judiciaire. Son activité est prolongée jusqu’au 10 septembre, et les candidats à la reprise des actifs de la branche ont jusqu’au 10 août pour déposer leurs offres.*

Ce jugement prend la forme d’un désaveu vis-à-vis de l’offre de reprise du consortium emmené par Sofiprotéol. L’établissement financier de la filière huiles et protéines végétales et ses partenaires faisaient pourtant figure de favoris. Mais l’exigence d’indivisibilité accolée à leur offre a été rejetée par le tribunal, qui estimait que cette condition le privait de sa "liberté de choix". *

Une décision qui fait les affaires de Charles Doux

Cette décision de justice semble aller dans le sens de Charles Doux, le PDG du groupe. Celui dont la famille détient toujours 80% du capital du volailler n’avait pas de solution à proposer pour le pôle frais. Désormais, il n’a plus à s’en préoccuper. Mais il avait un plan de continuation de l'activité en attendant de présenter un plan global de relance du groupe.

Charles Doux obtient ainsi deux mois de plus pour peaufiner ce plan. Celui-ci prévoit l’entrée majoritaire au capital de la banque britannique Barclays, à qui le volailler doit 140 millions d’euros.*

Ce délai ne fait en tout cas pas les affaires des employés du groupe et de ses sous-traitants. Ils sont 4000 à travailler pour Doux, en comptant les CDD. Un nombre auquel il faut ajouter les 800 éleveurs qui lui vendent leurs volailles, les 2000 salariés des sociétés de transports sous-traitantes, et les nombreux autres emplois induits dans la région.

Les éleveurs sont dans une situation encore plus difficile. Beaucoup de leurs livraisons pour Doux n’ont plus été payées depuis des mois, le groupe, lesté d'une dette de 430 millions d'euros, ayant obtenu son placement en redressement judiciaire. Ainsi leur trésorerie a fondu. La décision du tribunal de Quimper repousse d’au moins deux mois la perspective d'un remboursement.

* Informations ajoutées le 2 août 2012

Nina Godart et AFP