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L'Etat serre la vis aux fonctionnaires

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Moins de logements de fonction et un parc auto réduit : l'Etat veut faire des économies. « Pure démagogie », dénoncent les syndicats de fonctionnaires.

Le gouvernement fait le ménage dans les logements de fonction des fonctionnaires. « Conditions d'attribution opaques » et « loyers inégalitaires », le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth entend rationnaliser l'emploi des 20 000 logements de fonction (sauf ceux de la gendarmerie) en les réservant désormais à ceux qui ont un « vrai devoir de permanence »: les gendarmes, les préfets et les gardiens (écoles, prisons...) par exemple. Tous ceux qui peuvent être appelés la nuit. Pour les autres, ce sera la porte ou une réévaluation des loyers en rapport avec le marché.
La "diète" concerne aussi les véhicules de fonction, trop couteux en entretien, trop vieux ou trop polluants... Tous les véhicules de plus de 7 ans (21000 voitures) vont donc être vendus ou envoyés à la casse. Et, seuls 2 sur 3 seront remplacés.

« De la pure démagogie »

Des mesures qui seront effectives dès le projet de loi de finances 2010 et qui font déjà bondir les syndicats de fonctionnaires. Jean-Marc Canon, secrétaire général de la CGT Fonction publique, semble d'accord sur le fond, mais critique fermement la forme : « qu'on mette de l'ordre, qu'on rende plus transparentes les conditions d'attribution de ces logements, qu'il y ait des critères... nous sommes favorable à tout ça ; il n'y a rien à cacher en matière de logements de fonction. En revanche, annoncer tout de go que l'objectif est d'en réduire le nombre et de faire payer plus cher à ceux qui resteront, l'octroi de ces logements de fonction, c'est de la pure démagogie et de l'effet d'annonce. »

« Un souci d'économies, encore une fois sur le dos des fonctionnaires »

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, première organisation syndicale de la Fonction publique d'Etat, a lui l'impression « qu'on sabre dans les coûts partout, que c'est la motivation et qu'on ne se préoccupe ni des gens, ni de l'effet sur le service public. Je ne dis pas qu'il n'y a pas des abus à corriger. Je voudrais qu'il y ait un vrai bilan contradictoire et une vraie discussion ; ce qui ne semble pas être le cas. J'ai l'impression que le souci n'est pas un souci d'équité et de justice, mais d'abord un souci d'économies, et encore une fois sur le dos d'une partie des fonctionnaires. »

La rédaction, avec Steven Bellery