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L'assurance chômage française est l’une des plus généreuses d’Europe

En France, les chômeurs peuvent prétendre à des allocations après avoir travaillé 4 mois.

En France, les chômeurs peuvent prétendre à des allocations après avoir travaillé 4 mois. - -

Une étude réalisée par l’Unedic, au sein de l’Union Européenne, démontre que la France donne accès aux indemnisations plus rapidement que ses voisins. Malheureusement, l'enquête ne met pas en perspective les cotisations versées.

En temps de crise, de nombreux pays européens ont modifié leur système d’indemnisations des chômeurs. Certains, comme l’Allemagne, la Belgique ou encore le Portugal, ont assoupli les conditions de prise en charge. D’autres, comme le Danemark, l’Espagne, l’Irlande ou encore la Suisse, ont procédé à une réduction des droits.

Au milieu de tous ces changements, le système français reste parmi les plus généreux. C’est ce qui ressort de l’étude comparative que vient de publier l’Unedic sur 11 pays européens.

Premier caractéristique de la France : l’accès aux indemnisations se fait au bout de seulement 4 mois d’activités, alors que la majorité des pays les accordent au bout d’une année. A l’extrême, les travailleurs italiens et irlandais doivent patienter 24 mois pour prétendre aux premiers versements.

Des cotisations plus élevées en France

Autre caractéristique française : la durée d’indemnisation est proportionnelle à la durée des cotisations, dans la limite de 24 mois (ou 36 pour les plus de 50 ans). Ainsi, un salarié ayant travaillé 8 mois, recevra des allocations pendant la même période. En Espagne, le travailleur qui peut aligner 24 mois de cotisations ne sera indemnisé que pendant huit mois.

En Grande Bretagne, la durée d’indemnisation est plafonnée à 6 mois, quelle que soit la durée de cotisations. Le Danemark lui a opté pour un système unique : 24 mois d'assurance chômage, que l’on ait travaillé 12, 24 mois ou encore 60 mois.

Reste que l’étude de l’Unedic se cantonne à comparer les versements accordés aux chômeurs, sans mettre en perspective le montant des prélèvements lorsqu’ils étaient salariés.

Là aussi, la France se différencie d'autres pays européens. L’employeur verse 4 % et le salarié 2,40 % du salaire de référence (plafonné à 12 124 euros par mois). Soit plus du double des cotisations perçues en Allemagne (3 % du salaire dont la charge est répartie équitablement entre employeur et salarié) et trois fois plus qu’en Suisse (2,2 % du salaire, payés à part égale par l’employeur et le salarié).

Mais les choses pourraient bien changer. Michel Sapin, le ministre du Travail, a fait savoir qu’il voudrait obtenir lors de ses négociations entre partenaires sociaux une révision du calcul des cotisations d'assurance chômage. Il voudrait les alourdir pour les CDD et alléger celle des CDI. Le but est naturellement de rendre ce type de contrat plus attractif auprès des employeurs.

Coralie Cathelinais