BFM Business

Inquiets sur l'avenir de l'enseigne, les syndicats de Conforama interpellent le gouvernement

Les syndicats de l'enseigne d'ameublement dénoncent depuis plusieurs semaines la réticence de "deux banques majeures" (HSBC et BNP-Paribas) à octroyer le prêt de 320 millions d'euros demandé par Conforama avec une garantie de 90% de l'Etat.

Les syndicats de l'enseigne d'ameublement dénoncent depuis plusieurs semaines la réticence de "deux banques majeures" (HSBC et BNP-Paribas) à octroyer le prêt de 320 millions d'euros demandé par Conforama avec une garantie de 90% de l'Etat. - Denis Charlet-AFP

L'intersyndicale de Conforama interpelle ce mardi Bruno Le Maire dans un courrier qui "dénonce le silence du ministère de l'Economie". Elle réclame l'obtention "sans délai" du prêt garanti par l'Etat de 320 millions d'euros demandé par l'enseigne d'ameublement, sur laquelle plane l'ombre d'une reprise par un de ses rivaux, But.

L'avenir de Conforama et de ses 9000 salariés reste dans le flou et l'intersyndicale de l'enseigne d'ameublement s'en inquiète. Les syndicats CFE-CGC, CGT et FO soulignent que "les 9000 salariés de Conforama sont confrontés à une incertitude totale quant à leur avenir", en dépit d'une réunion le 22 mai avec le Ciri, la cellule du ministère de l'Economie qui accompagne les entreprises touchées par la crise sanitaire.

Les syndicats dénoncent depuis plusieurs semaines la réticence de "deux banques majeures" (HSBC et BNP-Paribas) à octroyer le prêt de 320 millions d'euros demandé par Conforama avec une garantie de 90% de l'Etat.

La crainte d'un dépôt de bilan avant une reprise?

"La presse a révélé que le ministère de l'Economie appuyait une reprise de Conforama par But. Le directeur général de But a exprimé publiquement le souhait de son enseigne de reprendre Conforama: s'agit-il d'une offre ferme? Quelles en sont les conditions?", interroge l'intersyndicale.

"Le silence de monsieur le ministre de l'Economie est insupportable", souligne le communiqué, alors que "62% des produits commercialisés par Conforama proviennent d'entreprises françaises, 20.000 emplois indirects sont menacés".

Le plan social portant sur 1900 emplois est en suspens

Selon Mohammed Chadli, délégué syndical central CFE-CGC, "les salariés n'ont aucune information. La direction nous a dit lors d'un comité social et économique mardi dernier qu'elle n'avait reçu aucune offre ferme de But, on craint que cette enseigne fasse traîner pour pousser Conforama à la faillite et faire une offre moins avantageuse ensuite". Selon ce délégué syndical, "la pression monte chez les salariés, qui souhaitent manifester devant Bercy en fin de semaine".

"Nous cherchons des repreneurs" a affirmé Bruno Le Maire ce mardi matin sur RTL, à propos de plusieurs enseignes en difficulté (La Halle, Camaïeu,...), citant le cas de Conforama et ses 9000 salariés.

Contrôlée depuis 2011 par le groupe sud-africain Steinhoff, secoué en 2017 par un énorme scandale financier, Conforama a mis en oeuvre un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) en plusieurs étapes concernant 1.900 salariés au total.

Ce plan homologué fin février est désormais "gelé" faute de financement, selon les syndicats, qui craignent que les conditions de départ négociées à l'époque soient rognées faute d'octroi du prêt garanti par l'Etat.

Frédéric Bergé avec AFP