BFM Business

Google vire un ingénieur pour sexisme, Wikileaks lui propose un job

Julian Assange au "New Media Days 09" à Copenhage

Julian Assange au "New Media Days 09" à Copenhage - New Media Days: Peter Erichsen

James Damore a été licencié pour avoir justifié l'inégalité de traitement entre femmes et hommes dans la high tech par des différences biologiques. Dans la foulée, Julien Assange a proposé de l'embaucher car la "censure c'est pour les perdants".

Son sort a été vite réglé. L'ingénieur de Google, dont les propos sexistes publiés dans une note interne défrayaient la chronique depuis dimanche, s'est vu notifier lundi son licenciement par son employeur. James Damore a été remercié pour "perpétuation des stéréotypes de genre", selon Reuters.

Dans une note interne d'une dizaine de pages, l'ex-employé affirmait que "les choix et les capacités des hommes et des femmes divergent, en grande partie, en raison de causes biologiques et (donc) ces différences peuvent expliquer pourquoi on n'a pas une représentation égale des femmes dans la tech et (dans les fonctions de) leadership". Selon lui, les aptitudes naturelles des hommes les amenaient à devenir programmateurs en informatique, tandis que les femmes se tournaient plutôt vers le sentimental et l'esthétique, ce qui les destinaient à faire leur carrière dans le social ou l'artistique.

"Des stéréotypes de genre nuisibles"

Alors que les entreprises du secteur de la high tech sont souvent pointés du doigt pour leur sexisme et le manque de diversité de leurs équipes, Google n'a pas tardé à réagir en montrant clairement son désaccord vis-à-vis des propos tenus par cet ingénieur.

Dans un courrier interne que l'AFP a pu consulter, le PDG de Google Sundar Pichai a défendu le droit des salariés à s'exprimer. Tout en estimant que cet ingénieur avait été trop loin: "Certains passages violent notre Code de conduite et franchissent les limites en avançant des stéréotypes de genre nuisibles sur notre lieu de travail. Suggérer qu'un groupe de nos collègues a des traits qui les rend biologiquement moins adaptées à ce travail est offensant".

La liberté d'exprimer ses idées

Cette histoire a attiré l'attention de Julien Assange, le fondateur de Wikileaks, qui a fait savoir dans un tweet qu'il était prêt à embaucher James Damore. Pour lui, il faut gérer différemment les problèmes liés au sexisme. "La censure c'est pour les perdants", assène-t-il. Hommes et femmes méritent le respect, et Google ne le fait pas en en renvoyant son employé qui a exprimé poliment ses idées. Il estime même que Google fait preuve de discrimination. 

Pour Julien Assange, il faut laisser à chacun la liberté d'exprimer ses opinions pour espérer mettre fin aux préjugés. "Le manque de discussion favorise les voies les plus extrémistes et les plus autoritaires", ajoute-t-il.

C.C.