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GM&S: réunion tendue entre le repreneur potentiel et les salariés

Alain Martineau, repreneur potentiel de GM&S.

Alain Martineau, repreneur potentiel de GM&S. - PASCAL LACHENAUD / AFP

Le potentiel repreneur a échangé toute la journée avec les salariés de GM&S.

Le dirigeant de l'emboutisseur GMD, seul repreneur en lice pour l'équipementier automobile creusois GM&S, a eu un échange tendu ce jeudi avec les salariés de La Souterraine où il était venu présenter son projet.

Un syndicaliste, "ne peut pas adhérer à une solution finale qui fait 150 licenciements, c'est pas possible, on ne peut pas dire 'j'adhère'. Maintenant, petit à petit ils comprennent qu'il vaut mieux ça" et continuer le développement du site "plutôt que rien", a déclaré Alain Martineau, PDG de GMD, après avoir rencontré les salariés. "A priori, je vais lever ma condition suspensive sur l'adhésion des salariés parce que je pense qu'ils sont troublés, ce qui vont rester seront bien contents de rester", a-t-il estimé.

120 salariés conservés

Durant cette première rencontre, Alain Martineau s'est fait couper la parole plusieurs fois. Certains salariés, énervés, lui ont posé des questions notamment sur les raisons qui le poussent à ne garder que 120 salariés sur les 277 actuellement. "Il faut attendre l'audience de lundi, que l'offre soit ferme pour qu'après la procédure soit ferme", a réagi Patrick Brun, délégué syndical CGT. S'enchaînera ensuite les consultations du comité d'entreprise. "Et c'est à nous, après, de lui faire la démonstration qu'à 120, c'est pas jouable", a-t-il conclu.

Arrivé en milieu de matinée, Alain Martineau a fait une visite guidée de l'usine, avant de s'entretenir avec des élus du personnel et les administrateurs judiciaires. Il a ensuite rencontré les salariés. Il était attendu dans la soirée à Bercy.

GM&S, placé en décembre en redressement judiciaire, a été placé en liquidation le 30 juin dernier. Le tribunal de commerce de Poitiers a prolongé l'activité jusqu'au 31 juillet, date à laquelle il doit statuer sur la seule offre de reprise sur la table, celle de GMD. Les négociations des dernières semaines ont permis de lever des conditions suspensives auxquelles GMD liait son offre, notamment des garanties de commandes de PSA et Renault (les principaux clients de GM&S), d'investissement sur le site (partagé entre l'Etat, PSA et Renault), et l'aspect foncier-immobilier.

GMD entend à présent racheter les murs de GM&S pour un million d'euros, a rappelé Alain Martineau ce jeudi matin, insistant sur le fait que cet "achat des murs est un signe positif, car cela veut dire qu'on ne va pas s'en aller, qu'on reste là".

P.L avec AFP