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Gattaz: "La loi El Khomri va à l’encontre de son objectif de départ"

"Le représentant du patronat considère que le projet de réforme du Code du travail ajoute de nouvelles contraintes aux chefs d’entreprises, propres à freiner la création d’emplois."

Le président du Medef était l’invité de Ruth Elkrief ce lundi soir sur BFM TV. Interrogé sur le projet de réforme du Code du travail, il s’est écrié : "La loi El Khomri aurait pu, dans sa version 1, débloquer un certain nombre d’emplois, mais dans sa version 2 et 3 elle va à l’encontre de son objectif".

Le représentant du patronat a rappelé les trois points d’achoppement qui gênent le Medef face au projet de loi Travail tel qu’il est aujourd’hui. Le premier est la surtaxation des CDD. "Ce n’est pas en augmentant le coût des CDD que l’on va créer de l’emploi", estime Pierre Gattaz. La CGPME, qui représente les petits patrons, vient de lancer le site "patronsventdebout .fr", où des entrepreneurs peuvent venir critiquer la mesure.

2 millions d’emplois

Le deuxième point qui gêne le patronat est le fait de rendre obligatoire le mandatement syndical lors de négociations à l'intérieur de l'entrperise, y compris dans les sociétés de moins de 50 salariés. La troisième concerne le compte personnel d’activité (CPA) qui, selon Pierre Gattaz, "n’a plus rien à voir avec son objectif initial". Il considère qu’il faut se donner pour objectif de créer 2 millions d’emplois. En 2014, le Medef avait évoqué l’objectif des 1 million d’emplois créés. "Il faut arrêter de penser que c’est en contraignant l’entreprise que l’on va créer de l’emploi", s’est exclamé celui qui demeure président du directoire de Radiall. Il souhaite d’ailleurs poser une question aux candidats à la présidentielle : "Que ferez-vous pour arriver à abaisser le taux de chômage à 6% ?"

"Choqué" des décisions chez Renault

Par ailleurs, le président du Medef s'est déclaré lundi "gêné" par le passage "en force" du conseil d'administration de Renault, qui a maintenu la rémunération du PDG du groupe, Carlos Ghosn, malgré l'opposition des actionnaires. Il s’est dit "très surpris" par la décision du conseil d'administration "d'entériner une heure après (l'assemblée générale) sa décision malgré l'opposition de l'assemblée".

"Je suis un peu choqué en effet que l'on ait entériné aussi vite des conditions de rémunération", a-t-il ajouté, rappelant que l'accord Afep-Medef, qui a instauré un vote consultatif des actionnaires sur les salaires des patrons, prévoyait que le conseil d'administration attende "deux ou trois mois" pour se prononcer.

A.R. avec AFP