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Fonction publique : l'absentéisme en hausse

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Une enquête révèle que les arrêts maladie dans la fonction publique territoriale ont augmenté de 17% en 5 ans. Principales causes : le vieillissement des agents, mais aussi la pénibilité des missions.

Dans la fonction publique territoriale, les absences pour raisons de santé (maladies ordinaire, maternité, longue maladie, accident du travail) sont en progression continue depuis 2007. C’est ce que révèle l'étude annuelle du groupe d’assurance Dexia Sofcap. En 2011, chaque agent arrêté une fois l’a été en moyenne 23 jours, contre 17 il y a dix ans. En cinq ans, le nombre d’absences a augmenté de 17% et touche d’avantage d’agents (+ 12%). Et c’est dans les grandes collectivités, de plus de 350 salariés, que l’absentéisme est au plus fort.

« Il faut contrôler beaucoup plus les absences ! »

Principale raison de cette augmentation : le vieillissement de la population des agents territoriaux. Ils ont en moyenne 45 ans contre 39 dans le secteur privé. « Il faut contrôler beaucoup plus les absences ! s’exclame Agnès Verdier-Molinier, directrice de l'Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (IFRAP). Il y a à peu près deux fois plus de jours d’absence dans le public par rapport au privé. Aujourd’hui, dans la fonction publique, il y a très peu de contrôles sur les arrêts maladie : on ne sait pas si ce sont de "vrais arrêts" ou pas. »

« Des personnels en première ligne dans la gestion de la crise »

Mais l’aspect physique entre également en compte : les agents territoriaux de catégorie C sont particulièrement concernés. Ils exercent les métiers les plus physiques et représentent pratiquement 4 agents territoriaux sur 5. « Ce sont des éboueurs, des pompiers, des agents de la voirie, beaucoup d’agents qui ont des fonctions d’accueil dans les quartiers sensibles, explique Baptiste Talbot est secrétaire général de la CGT Service public. C’est à la fois des agents qui sont sur des tâches pénibles et exposées physiquement, mais qui font aussi partie des personnels en première ligne dans la gestion de la crise économique que l’on connaît. Il y a une augmentation beaucoup plus importante de l’absentéisme lié aux accidents du travail. Cela montre bien que le premier facteur de tout ça, c’est la pénibilité des missions. »

« Il faut un droit à la reconversion »

Et malgré la pénibilité de ce genre de travaux, « il n’y a rien de prévu pour les métiers physiques. On se contente de reclasser les gens quand ils sont finis, déplore Jean Claude Lenay, secrétaire national de la CFDT Interco. Un éboueur qui reste 35 ans derrière une benne à ordure, il ne faut pas se demander comment il va finir ! Si on constate que de façon moyenne, au bout de 15 ans d’exercice d’un métier, une personne rentre dans une zone à risque, il faut lui permettre un droit à la reconversion juste avant d’arriver dans cette zone à risque, de manière à ce qu’elle puisse être réorientée. »

La Rédaction, avec Martin Bodrero