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Faut-il interdire de cantine les enfants de chômeurs ?

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Le maire UMP de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) a décidé, pour la rentrée prochaine, de « restreindre » l'accès des enfants de chômeurs aux cantines scolaires, en raison « du manque de place ». Pourtant, parents et tribunaux jugent cela illégal… Et vous, qu’en pensez-vous ?

Depuis 2008, la mairie de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, donne la priorité aux enfants dont les deux parents travaillent. Mais depuis le mois d'avril, elle n'autorise les enfants de parents chômeurs à venir à la cantine que si leurs parents fournissent un justificatif de présence à un entretien d'embauche ou à une formation.
La commune d'Epône dans les Yvelines fait de même. Pourtant, plusieurs tribunaux administratifs, appelés à se prononcer sur ces limitations, les ont jugées illégales, arguant qu'il y avait « atteinte au principe d'égalité des usagers devant le service public ».

« C’est pas du tout pénalisant, c’est l’inverse ! »

Jean Denais, le maire UMP de Thonon-les-Bains, se défend, justifiant cette limitation d'accès à laquelle il s’estime contraint : « Quand vous n’avez pas assez de places – compte tenu de la démographie importante que nous avons –, vous êtes bien obligé de mettre en place des règles ; on n’a pas le choix ! Il y a priorité aux enfants dont les deux parents travaillent, et après aux enfants dont les parents sont en difficultés sociales. Nous souhaitons que ça puisse bénéficier à ceux qui en ont véritablement besoin. Et c’est pour ça qu’on a mis en place du sur-mesure : quand ils justifient qu’ils font des démarches en faveur de l’emploi, les enfants peuvent aller à la restauration scolaire ; sinon, ils ne pourraient pas y aller. C’est pas du tout pénalisant, c’est l’inverse ! ».

« La discrimination dans le service public est interdite »

Jean-Jacques Hazan, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) est opposé à cette limitation : « C’est illégal ! La restauration scolaire est un service public ; dès lors qu’il est mis en place, il y a une égalité d’accès de tous les citoyens devant un service public. Le Conseil d’Etat lui-même a tranché : la discrimination dans le service public est interdite. Simplement, il n’a pas envie. Parce que bien évidemment la restauration scolaire a un coût. S’il se trouve que le nombre d’enfants débordent par rapport à la place, il trouve les mesures, les moyens, les travaux… il doit faire face, c’est obligatoire ! ».

La Rédaction, avec Aurélia Manoli