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Emploi : la difficulté pour recruter

Les employeurs ont des difficultés à recruter dans 43% des cas.

Les employeurs ont des difficultés à recruter dans 43% des cas. - -

C'est un paradoxe : le nombre d'inscrits à Pôle emploi ne cesse d'augmenter, mais les entreprises ont de plus en plus de mal à recruter. D'après une enquête Pôle emploi, les employeurs ont des difficultés à recruter dans 43% des cas.

Les travailleurs ne manquent pas, et pourtant... Selon l'enquête annuelle réalisée par Pôle emploi sur les besoins de main d'œuvre de l'économie française, les employeurs font part de difficultés à recruter dans 43% des cas (contre 38% l'année dernière). Les entreprises, qui affirment avoir des difficultés à trouver la perle rare, pointent du doigt la pénurie de candidats ou encore les difficultés liées aux conditions de travail et à un déficit d'image de l'entreprise, du secteur ou du poste.
Autre enseignement de cette enquête, une bonne nouvelle cette fois pour les chômeurs, les entreprises prévoient d'embaucher un peu plus en 2012 que l'an dernier. Pôle emploi prévoit 1,6 million d'embauches dans l'année. Un chiffre en hausse de 4,3% par rapport à 2011 (+1,1% en 2011), dans les 27 régions de métropole et d'Outre-mer.
Comme en 2011, c'est l'hôtellerie-restauration, avec 14% des projets, qui constitue le premier vivier de recrutements. Selon Pôle emploi, il n'y a pas assez de demandeurs d'emploi chez les serveurs, les cuisiniers, les aides à domicile ou encore les cueilleurs dans l'agriculture.

« Avec Pôle emploi, ça traîne pendant des semaines »

Serge a 53 ans, il est gérant d'un restaurant à Paris. Et pour recruter son personnel, il ne passe pas par Pôle Emploi, il préfère le bouche-à-oreille. Un choix qu'il a fait après avoir écouté les anecdotes de ses collègues. Il s'est confié sur RMC : « Mes collègues font appel à Pôle emploi mais ça traîne pendant des semaines. Ils reçoivent des coups de fils, des CV mais souvent ils sont déçus. C’est arrivé à un collègue. Il a reçu une personne pendant une semaine mais il a été déçu. Elle s’était présentée comme étant chef de cuisine alors qu’elle n’était que commis. Il a du s’en séparer. Je pense que si l’on considérait l’apprentissage d’une meilleure façon comme en Allemagne par exemple ce serait mieux. Il faut en faire des formations à part entière, une voie réelle et pour l’instant c’est une voie de garage ».

« Des candidats qui nous disent : je gagnais plus avant »

Alain Jacob dirige un cabinet de recrutement spécialisé dans l'hôtellerie et la restauration à Paris. Et pour lui, si les employeurs ont des difficultés pour recruter, c'est de la faute...des candidats. « On trouve aussi des candidats qui nous disent : "non, moi les horaires ne me conviennent pas", ou alors: "je gagnais plus avant, là ce sont mes indemnités chômage que vous me proposez". C’est un discours que l’on entend certaines fois. Il y a aussi grâce au système social français, quel que soit le regard que l’on peut porter dessus, des gens qui préfèrent avoir une proposition meilleure, qui leur correspond en terme de type d’hôtels, de gamme de produit ou de localisation géographique ».