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Des salariés en grève pour leur patron licencié par leur actionnaire

"A Saint-Malo, les 130 employés du Laboratoire de la mer sont en grève depuis mardi pour sauver leur PDG Olivier Bertaud que le nouvel actionnaire du groupe a remercié en début de semaine."

Les grèves ne servent pas qu'à réclamer une revalorisation des salaires ou la fin d'un plan social. 130 salariés du Laboratoire de la mer, basé à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), ont choisi ce moyen pour afficher leur soutien à leur patron, débarqué par le nouvel actionnaire Perrigo, propriétaire de l'entreprise depuis 2014.

Dans un communiqué, ils demandent l'intervention urgente de François Hollande. L'inspection du travail est sur place pour constater les infractions notoires.

Suppression immédiate de son poste

Olivier Bertaud, fils du fondateur de l'entreprise numéro 1 mondial de la solution nasale à base d'eau de mer, a reçu mardi la visite de deux représentants du groupe américain. Ces derniers lui ont annoncé que la société, qui a réalisé 37,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014, allait être restructurée avant d'être intégrée dans le groupe Perrigo. Une décision qui entraîne la suppression immédiate de son poste. Les nouveaux propriétaires lui ont laissé 5 minutes pour quitter les lieux. "Je suis atterré et vraiment désolé pour mes collaborateurs et mon équipe" a expliqué Olivier Bertaud au micro de BFM TV.

Apprenant son éviction, les salariés se sont immédiatement mis en grève. "On est choqués. On défend la cohésion de cette entreprise. Le laboratoire le la mer c'est une grande famille et ça fonctionne bien parce que l'on est tous ensemble", explique l'une des 130 grévistes. Les employés craignent des délocalisations.

Un siège transféré en Irlande

Les représentants de Perrigo tentent d'apaiser les esprits en assurant aux salariés qu'ils n'ont pas l'intention de supprimer de postes. Néanmoins, la société sera désormais dirigée depuis l'Irlande, où Perrigo, fabricant de médicaments génériques, est immatriculé.

Dans un communiqué, le groupe américain explique que les mesures prises visent à "mieux accompagner" la "forte croissance" de la société. Perrigo annonce un investissement de 2,6 millions d'euros dans le laboratoire et évoque la transformation de "certains emplois à temps partiel en temps complet".

"Je n'en crois pas un mot", confie Olivier Bertaud à l'AFP. "Si on transfère des services en Irlande, c'est forcément que des emplois vont être transférés". Par ailleurs, les représentants du personnel estiment que l'investissement annoncé par Perrigo n'est pas suffisant pour la mise aux normes et le maintien en bon état de l'outil de production. Un plan d'investissement de 12 millions d'euros sur 3 ans serait nécessaire.

"Je demande à François Hollande de prendre ce dossier-là en mains, on ne peut pas laisser faire une chose pareille, on est en France ici", lance Olivier Bertraud.

La rédaction avec AFP