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Des producteurs de viande bovine bloquent neuf abattoirs

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PARIS (Reuters) - Des producteurs de viande bovine bloquent lundi neuf abattoirs du groupe Bigard, premier acheteur en France, pour demander une...

PARIS (Reuters) - Des producteurs de viande bovine bloquent lundi neuf abattoirs du groupe Bigard, premier acheteur en France, pour demander une revalorisation des prix payés par les industriels, a annoncé la Fédération nationale bovine (FNB).

Une réunion de la filière aura lieu mardi au ministère, a dit le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, qui soutient les éleveurs mais pas leur action.

Bigard est le numéro un français de l'abattage, avec 43% des achats. Les éleveurs lui reprochent d'être inflexible sur les prix et de ne pas avoir participé aux dernières réunions de la filière.

Ce blocage pourra être de longue durée, a promis la FNB, qui mène cette action avec la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA).

"C'est une action extrêmement ciblée sur les sites qui appartiennent à ce groupe d'abattage et de transformation parce qu'il occupe une position quasi-monopolistique", a dit à Reuters Gérard Renouard, président de la FRSEA Lorraine.

"Quand il refuse de s'asseoir autour de la table ou quand il refuse les hausses, ça coince", a-t-il ajouté.

Tous les abattoirs de Bigard sont bloqués sauf celui de Quimperlé (Finistère), des producteurs de porc s'y étant opposés.

L'abattoir de Metz est par exemple bloqué depuis 06h00 par des engins agricoles et une cinquantaine d'éleveurs ont commencé à camper sur place, a-t-on appris auprès de la police et de la FRSEA.

STAGNATION DES PRIX, HAUSSE DES COÛTS DE PRODUCTION

La France est le premier pays d'élevage bovin dans l'Union européenne.

La viande bovine y est actuellement payée entre 2 et 2,40 euros le kilo pour la carcasse de race laitière et autour de 3 euros pour les races à viande. La FNSEA demande une augmentation de 60 centimes du kilo.

Les éleveurs estiment que leurs coûts ont augmenté de 40% au cours des dix dernières années sous l'effet du renchérissement de l'alimentation et du renforcement des normes de sécurité alimentaire, sans réelle évolution du prix de vente aux transformateurs.

"Alors que la consommation augmente et que les importations baissent, les prix payés aux producteurs stagnent", a expliqué Sylvain Daury, de la FDSEA du Maine-et-Loire.

"Les industriels nous disent qu'ils ne peuvent pas augmenter leurs prix car ils sont sous la pression de la grande distribution, mais elle serait apparemment prête à faire des efforts", a-t-il ajouté, expliquant que les éleveurs gagnaient environ 700 euros par mois depuis quatre ans.

Les producteurs de viande (bovine, porcine et avicole) ont lancé fin octobre un ultimatum aux industriels et à la grande distribution, demandant la répercussion des hausses des prix des matières premières sur le prix d'achat avant le 15 novembre.

Les premières opérations étaient un simple "stickage" des produits dans les grandes surfaces.

"Je les comprends, parce que les producteurs de viande et en particulier de viande bovine en France ne sont pas assez rémunérés", a dit Bruno Le Maire sur Europe 1.

"Je ne soutiens pas des actions violentes dans le pays (...) Je comprends entièrement sur le fond le désarroi, l'inquiétude des éleveurs en France", a ajouté le ministre.

"Je rassemblerai demain un certain nombre d'acteurs de la filière au ministère de l'Agriculture et nous regarderons ensemble quelles sont les solutions rapides que l'on peut apporter à cette difficulté."

Jointe par Reuters, la FNB ne savait pas à quelle heure se déroulerait la réunion ni si les représentants de Bigard y participeraient.

Clément Guillou, avec Guillaume Frouin à Nantes et Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse