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Depuis 2010, le CAC 40 a réduit impôts et emplois, mais augmenté bénéfices et dividendes

L’association altermondialiste Attac a publié ce dimanche un rapport constatant que les effectifs salariés des entreprises du CAC 40 avaient décru de 20% depuis 2010, alors que les bénéfices, la rémunération des dirigeants et les dividendes augmentaient sensiblement.

À la veille de l'ouverture du forum économique mondial de Davos, l'organisation altermondialiste Attac a étrillé les groupes du CAC 40, dans un rapport publié dimanche sur leur bilan en termes d'emplois supprimés, d'impôts contournés ou encore de pollution.

Selon ce rapport, les effectifs cumulés en France de ces multinationales ont baissé de 20% entre 2010 et 2017, alors que leurs bénéfices cumulés ont augmenté de 9,3% sur la même période. "Le tissu industriel français tout entier est la première victime de la logique de financiarisation du CAC 40", qui regroupe les quarante plus importantes sociétés françaises cotées en Bourse, dénonce ainsi Attac.

Des bénéfices en hausse... mais des impôts en baisse

Si les salaires moyens dans ces groupes en France ont augmenté de 22% entre 2010 et 2017, les rémunérations de leurs dirigeants ont progressé davantage (+32%) et leurs dividendes versés à leurs actionnaires encore plus (+44%), toujours selon ce rapport.

Attac accuse aussi les entreprises du CAC 40 de recourir à de nombreuses "techniques d'évitement fiscal", notamment par le biais de près de 2.500 filiales implantées dans des territoires considérés comme des paradis fiscaux.

Bien que leurs bénéfices mondiaux aient donc augmenté sur la période, ces groupes ont déclaré avoir payé en 2017 30 milliards d'euros d'impôts dans le monde, soit 6,4% de moins qu'en 2010, selon l'organisation.

Enfin, en matière d'environnement, plus de la moitié des groupes du CAC 40 (22 entreprises) ont déclaré des émissions de gaz à effet de serre en hausse en 2017, relève encore Attac. "Très rares sont celles qui ont des objectifs conformes aux engagements qui ont été pris lors de la COP21", le sommet sur le climat qui s'était tenu à Paris en décembre 2015, déplore l'organisation, accusant aussi ces groupes de "jouer avec les chiffres ou avec les effets d'annonce" en matière de responsabilité environnementale.

N.G. avec AFP