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Dans la bataille de l'emploi, la France est à "mi-parcours" selon l'OCDE

Début 2018, le chômage s'élève à 8,8% en France.

Début 2018, le chômage s'élève à 8,8% en France. - LOIC VENANCE / AFP

Depuis trois ans, le chômage poursuit sa baisse en France, mais reste loin de son niveau d'avant crise et surtout de la moyenne des pays de l'OCDE.

Le chômage baisse depuis trois ans et ça "devrait continuer", prévoit l'OCDE dans sa note sur les Perspectives de l'emploi 2018 en France publiée ce mercredi. Au premier trimestre de cette année, le taux de chômage s'élève à 8,8%, en baisse de 0,8 point sur un an et de 1,7 point depuis son pic atteint début 2015.

Mais la reprise sur le front de l'emploi n'est qu'"a mi-parcours", estime l'Organisation. Le chômage reste 1,6 point au-dessus de son plus bas historique atteint avant la crise début 2008. Il est surtout de 3,4 points supérieur à la moyenne des pays de l'OCDE. Idem pour le taux d'emploi, qui correspond à la part des personnes qui ont un travail parmi l'ensemble de la population en âge de travailler, autrement dit les 15-64 ans. Fin 2017, il a progressé de 0,8 point par rapport à l'année précédente à 55,7%, mais reste bien en-dessous de la moyenne de l'OCDE à 61,7%.

Corrigés de l'inflation, les salaires progressent de manière "légèrement plus soutenue" en France (autour de 1% par an depuis cinq ans), mais, "dans un contexte de chômage persistant", leur "hausse reste limitée depuis fin 2012", souligne la note.

Les jeunes et les moins qualifiés pas assez épaulés

Dans toutes les catégories, qu'il s'agit du stress au travail, du niveau de revenu du travail... la France fait mieux que les autres pays en matière de qualité de l’emploi et inclusivité dans le marché du travail. Les salariés perdent en moyenne 4,4% de leur revenu net lors d'une perte d'emploi, contre 4,9% en moyenne dans l'OCDE. Le taux de couverture des chômeurs est également plus élevé. Plus de quatre sur dix perçoivent une allocation en France contre moins de trois sur dix dans les autres pays.

En revanche, le seul critère sur lequel la France pèche est sur l'inclusion des personnes défavorisés sur le marché du travail. L'écart moyen entre le taux d'emploi des hommes de 25 à 54 ans et le taux d'emploi des personnes considérées comme défavorisées (femmes avec enfants, jeunes déscolarisés, etc.) est de 27,8% contre 24,9% en moyenne dans l'OCDE. Le problème touche "notamment les jeunes", pointe l'Organisation.

De même, sur le plan de la formation, seuls 36% des Français en bénéficient, alors qu'ils sont 60% dans les pays nordiques. Surtout, la participation des personnes peu qualifiées est encore plus faible (17%), alors que ce sont eux qui en ont le plus besoin.

J.-C.C.