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Ces réformes que la France doit faire au plus vite, selon l'OCDE

L'Organisation a légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance pour la France cette année. Et elle pousse le gouvernement à unifier son système de retraite et à réduire la dépense publique.

C'est une petite mise en garde que vient donner l'OCDE. Mercredi, l'organisation regroupant les grands pays développés, a publié ses nouvelles projections économiques. Si dans l'ensemble elle est un peu plus optimiste pour la plupart des pays, ce n'est pas le cas pour la France.

L'Organisation a révisé à la baisse sa prévision de croissance de 1,3 à 1,4% pour 2017, tablant néanmoins sur une prévision un peu meilleure pour 2018, à savoir 1,5%. Des prévisions qui, précision utile, ne tiennent pas compte du programme d'Emmanuel Macron. "C'était un défi de faire des projections pour la France au cours des six derniers mois" au vu du calendrier électoral, a d'ailleurs affirmé Catherine Mann, cheffe économiste de l'organisation, lors d'une conférence de presse.

L'OCDE considère d'une part que le climat des affaires va continuer de soutenir l'investissement des entreprises et d'autre part que la reprise du commerce mondiale, déjà annoncé la semaine dernière par l'OMC, devrait dynamiser les exportations. En outre, l'organisation confirme aussi une éclaircie sur le front de l'emploi, le taux de chômage devant baisser, selon, elle, à 9,7% en 2017 et 9,6% en 2018 (contre 10% en 2016).

Décrochage de la France

Reste que l'OCDE s'inquiète de voir la France progressivement décrocher par rapport à l'Allemagne qui devrait, elle, afficher une croissance de 2% aussi bien cette année qu'en 2018.

Du coup, l'organisation, dans sa note spécifique sur la France, dresse une liste de réformes, qui sonnent comme autant de recommandations vis-à-vis du nouvel exécutif en place. L'OCDE réclament ainsi "une stratégie de long terme pour pouvoir réduire la dépense publique et diminuer le poids élevé des taxes qui pèse sur l'emploi et l'investissement". Une exigence plutôt raccord avec la volonté affichée d'Emmanuel Macron de diminuer le poids de la dépense publique (actuellement à 57%) pour le rapprocher de la moyenne en zone euro (48,5%).

L'OCDE demande aussi à ce que le système fiscal français "trop complexe" soit simplifié, et que la dépense publique "inefficace et de court-terme" soit réorientée vers des dépenses d'infrastructures et d'éducation. Dans son rapport publié en février dernier, l'ex-patron de BNP Paribas Michel Pébereau dénonçait lui aussi le "caractère économiquement inefficace du surcroît français de dépense publique, composé essentiellement de dépenses de fonctionnement et prestations sociales, c'est-à-dire des dépenses publiques de tous les jours".

L'urgence de faire des réformes

L'OCDE recommande aussi d'unifier les différents régimes de retraite pour en réduire les coûts administratifs. Une réforme qu'Emmanuel Macron prévoit de faire voter en 2018, en instaurant un système unique où les droits seraient comptabilisés en points.

Enfin, et surtout, l'OCDE appelle à mettre l'accent sur la formation. "Beaucoup trop d'actifs manquent des compétences informatiques basiques pour pouvoir bénéficier de la mondialisation. Il faut faire plus pour embaucher des professeurs d'excellence, améliorer l'enseignement dans les écoles défavorisées et améliorer l'accès à la formation de haute qualité", écrit l'OCDE. Emmanuel Macron devrait là encore trouver midi à sa porte sur cette recommandation, lui qui prévoit de consacrer 15 milliards d'euros "à l'acquisition de compétences par ceux qui en ont le plus besoin".

Et l'OCDE d'insister: ces réformes doivent être mise en œuvre au plus vite pour que la France puisse bénéficier au mieux du rebond de la croissance mondiale. "Il aurait été mieux de faire ses réformes il y a quelques années mais il vaut mieux les faire maintenant que les retarder", a estimé sur ce point Gilbert Cette, économiste à l'Université d'Aix-Marseille, sur BFM Business. 

Julien Marion et Elisabeth Hu