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Comment s'organise la convergence des luttes souhaitée par les syndicats

Ce jeudi marque la première journée d'action interprofessionnelle. (image d'illustration)

Ce jeudi marque la première journée d'action interprofessionnelle. (image d'illustration) - Bertrand Langlois - AFP

À l'appel de la CGT et de Solidaires, ce jeudi marque la première journée d'actions nationale interprofessionnelle.

"Convergence des luttes !" C'est le slogan que s'apprêtent à scander cheminots, fonctionnaires ou encore salariés de l'énergie, à l'appel de la CGT et de Solidaires, dans une première tentative de construire un front commun contre Emmanuel Macron. Une "coagulation" des "mécontentements" à laquelle ne croit pas le chef de l'État, qui estime que les différents mouvements ont "peu à voir" entre eux. 

Les grèves s'enchaînent pourtant dans divers secteurs: les cheminots en sont à leur 8e journée de grève depuis début avril contre la réforme ferroviaire, les fonctionnaires, qui défendent aussi leur statut, organisent une 3e journée de grève le 22 mai, la deuxième à l'appel de toutes les syndicats, Air France sort d'une 9e journée de grève sur des revendications salariales.

La grogne monte également dans le secteur de la santé, notamment dans les maisons de retraite médicalisées (Ehpad). 

En dehors du monde du travail, des facultés sont occupées ou bloquées par des opposants à la réforme "Parcoursup", accusée d'instaurer une "sélection" à l'entrée à l'université. Le mouvement a gagné Sciences-Po, à Paris, qui était en partie occupé mercredi.

Des fortes perturbations à prévoir 

À la SNCF, un TGV sur trois et deux TER sur cinq seront en circulation. Les perturbations s'annoncent plus faibles dans les transports urbains. A Paris, les problèmes concernent essentiellement les RER, avec notamment un train sur deux sur la ligne B. En revanche, la RATP annonce un trafic "normal" dans les métros, "quasi normal" dans les bus. À Marseille, seuls les bus devraient être légèrement perturbés.

Dans l'énergie, la CGT annonce des "coupures ciblées", "en direction des entreprises où les employeurs licencient" ou "criminalisent l'action syndicale". Parallèlement, le syndicat compte mener des "opérations Robin des Bois", qui consistent à remettre le courant dans les foyers qui ne paient pas leurs factures, a indiqué Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

La mobilisation affecte aussi certaines crèches et écoles, où l'accueil des enfants ne sera pas toujours assuré. Dans les maternelles, les agents territoriaux spécialisés (Atsem) entament un mouvement de grève reconductible. Des débrayages sont aussi prévus à La Poste, chez les fonctionnaires et dans l'audiovisuel public (France Télévisions, Radio France).

Des syndicats encore divisés 

Si Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, voit en ces différents mouvements un "tronc commun" autour des "questions de pouvoir d'achat" et "d'emploi", la "convergence des luttes", mot d'ordre de la journée, ne fait pas l'unanimité chez les syndicats.

"Ce n'est pas la tasse de thé de la CFDT", déclarait fin mars son dirigeant Laurent Berger, estimant que cela "ne permet jamais d'avoir des résultats concrets pour les travailleurs".

En revanche, la CGT ne désespère pas de rallier Force ouvrière. Aujourd'hui réfractaire, le syndicat pourrait changer de ligne après son congrès, qui a lieu à Lille du 23 au 27 avril. Pascal Pavageau, qui va succéder à Jean-Claude Mailly à la tête de FO, est ouvert à une "unité d'action".

A.M. avec AFP