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Ces dix chiffres en disent long sur le succès discret des sociétés coopératives

Spécialisée dans la fibre optique, Acome est la plus importante Scop de France, avec plus de 1700 salariés.

Spécialisée dans la fibre optique, Acome est la plus importante Scop de France, avec plus de 1700 salariés. - Jean-François Monier-AFP

Le nombre des sociétés coopératives et participatives, dans lesquelles les salariés ont au moins 51% du capital, progresse de façon continue en France: +5% en un an. Radiographie en 10 chiffres clés des Scop et Scip, qui ont une pérennité à 5 ans de 67%, supérieure à la moyenne.

"Les sociétés coopératives poursuivent leur essor et leur développement. Le mouvement se félicite des résultats obtenus sur l’année 2017: 300 sociétés coopératives ont vu le jour" a commenté Jacques Landriot, président de la Confédération générale des Scop, lors de la présentation du bilan 2017.

Les Scop (sociétés coopératives participatives) ont la particularité d’appartenir à leurs salariés associés majoritaires (ils détiennent au minimum 51 % du capital et 65 % des droits de vote). En moyenne, elles ont redistribué en 2017 environ 43 % des résultats à leurs salariés, soit 72 millions d'euros. Dans une Scic (société coopérative d'intérêt collectif), statut créé en 2001 la seule différence est que les associés au capital peuvent être de toute nature: salariés et tous ceux qui souhaitent s’impliquer dans le projet : clients, bénévoles, collectivités territoriales, partenaires privés, etc...

Voici dix chiffres qui en disent long sur l'essor discret de l'activité de ces sociétés coopératives, tant en terme d'emplois créés que de chiffre d'affaires.

  • 57.700 : c'est le nombre total de salariés employés dans les Scop et les Scip en France. "Globalement, depuis 2013, l’emploi a progressé de 19 % dans les sociétés coopératives et a connu chaque année une courbe positive" précise la confédération générale des Scop. Premières en nombre, les Scop sont aussi les premiers employeurs avec 50.650 emplois au total fin 2017, tandis que les Scic en comptaient 6860 et les autres coopératives 190.
  • 4000 : en 2017, l'emploi dans les Scop et Scip a connu une hausse de 7,6% par rapport à 2016, soit plus de 4000 emplois supplémentaires créés. Dans ce total, les nouvelles Scop et Scic apparues l'an dernier représentent, quant à elles, près de 1600 emplois créés ou consolidés.
  • 5 milliards : c'est le chiffre d'affaires atteint en 2017 (+6,4%) par les sociétés coopératives (Scop et Scic) actives en France. Les secteurs de l’industrie, de la construction et des services représentent à eux trois 82% de ce chiffre d'affaires total. Celui-ci reflète une grande hétérogénéité de taille d'entreprise: de la PME de 23 salariés (Le bâtiment Menuisier) à l'ETI de 1700 salariés (Acome, spécialisée dans les câbles réseau et télécoms) en passant par le groupe Chèque Déjeuner (chèques et cartes de services prépayés).
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  • 3177 : l’Hexagone compte 3177 sociétés coopératives (Scip et Scop), un chiffre en hausse de 5%. Ainsi, rien qu'en 2017, 300 nouvelles sociétés ont vu le jour, dont 156 Scop et 134 Scic.
  • 65% : c'est le pourcentage de sociétés coopératives créées ex-nihilo (à partir de rien) dès le départ pour démarrer une activité sans qu'il s'agisse d'une création à la suite d'une transmission d'entreprise par un patron à ses salariés ou de la reprise d'une société en difficultés par ses employés. Sur un an, en 2017, ces créations ex-nihilo représentent près de 200 de ces nouvelles coopératives et génèrent 21 % des emplois issus des créations de l’année.
  • 61.000 : c'est le nombre de personnes physiques ou morales représentant les associés dans les sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scip) sachant que les seuls salariés associés étaient au nombre de 7000. Le nombre total de Scip s'élèvait en 2017 à 741 et elles poursuivent leur développement accéléré: + 15,6 % en nombre d’entreprises par rapport à 2016.
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  • 10% : c'est le pourcentage des Scop issues d'une entreprise en difficulté. Ce taux reste très minoritaire contrairement à une idée reçue. Cela tient au fait que de nombreuses entreprises en difficulté ont fait parler d'elles en choisissant ce statut qui suppose que les salariés reprennent en main et en capital une société menacée: Fralib (sachets de thé), Seafrance (transport maritime ) ou Pilpa (glaces), Mim (mode). Ces reprises ne sont pas toujours couronnées de succès comme en témoigne l'échec du rachat de Lejaby (sous-vêtements) par ses salarié(e)s. En 2017, Il y a eu 19 Scop issues de la reprise d'entreprise en difficulté (représentant 13 % des emplois).
  • 67% : c'est le pourcentage des coopératives qui enregistrent un taux de pérennité à 5 ans, un taux supérieur à la moyenne nationale qui est de 60 %. Autrement dit, les deux-tiers des sociétés coopératives créées entre 2012 et 2017 étaient encore actives fin 2017.
  • 14% : c'est le pourcentage des Scop et Scip issues d'une transmission d'entreprise "saine" (hors d'un contexte de difficultés économiques) à leurs salariés. En 2017, 55 sociétés coopératives ont été constituées dans ce cadre, représentant 42 % des emplois générés par les créations, soit un total de 660.
  • 3400 : c'est le nombre d'emplois supplémentaires créés dans le secteur des services en un an, une hausse de 17 % par rapport à 2016. Fin 2017, ce secteur représente près de la moitié des emplois des sociétés coopératives. Loin derrière, deux autres secteurs porteurs d’emplois sont l’industrie et "l’éducation, santé et action sociale". Tous deux contribuent à une hausse nette à hauteur de 370 emplois respectivement en 2017.
Frédéric Bergé