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Ce qu'attend la CFDT pour ne pas manifester contre la loi El Khomri

Laurent Berger a trouvé Manuel Valls "à l'écoute"

Laurent Berger a trouvé Manuel Valls "à l'écoute" - BFMTV

"Invité de BFMTV-RMC, le numéro de la CFDT est revenu sur le projet de loi El Khomri à l'origine de la mobilisation de ce mercredi 9 mars. Il a indiqué que si son syndicat n'obtient pas gain de cause, il appellera aussi à manifester."

La mobilisation a sonné ce mercredi 9 mars. Des lycéens, étudiants mais aussi des salariés manifestent répondant à l'appel de syndicats comme la CGT et FO. Ce n'est pas le cas de la CFDT. "Je ne demande pas le retrait de ce texte" affirme Laurent Berger, le numéro un de l'organisation syndicale, invité de BFMTV-RMC.

C'est, en effet, la principale différence avec les autres syndicats ayant appelé à manifester ce mercredi. Car Laurent Berger estime que ce projet de loi contient des "choses importantes", citant le compte personnel d'activité, les mesures pour lutter contre les abus sur les travailleurs détachés ou "le renforcement de la négociation collective avec plus de négociations dans les branches et les entreprises". "Je crois que l'on a besoin pour faire fonctionner le duo entre l'économique et le social", ajoute-t-il.

"Nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours"

Mais même sur cette partie-là, "il y a des choses à réécrire", poursuit-il. Ce pourquoi Laurent Berger demande "une modification substantielle" du texte. Il plaide notamment pour le retrait du barème des indemnités pour licenciements abusifs aux prud'hommes, ainsi que pour la modification du périmètre sur les licenciements abusifs, pour le moment limité au seul échelon national.

"Je demande un élargissement au périmètre européen car nous ne vivons pas dans monde de Bisounours. Il est assez facile de vider de sa rentabilité d'un site en France pour faire la démonstration qu'il serait efficace économiquement". Et il prévient "si la CFDT n'obtient pas satisfaction, nous nous mobiliserons", ajoutant que son syndicat distribuera déjà des tracts dès ce samedi 12 mars.

À voir donc si le gouvernement bougera suffisamment les lignes pour convaincre le leader syndical. A cet effet, Laurent Berger a rencontré lundi Manuel Valls. S'il indique ne pas avoir eu de nouvelle depuis, il a trouvé le Premier ministre "à l'écoute" et a eu le sentiment que "le gouvernement voulait bouger". Enfin Laurent Berger a jugé que ce projet de loi "n'est pas un texte qui, en soi, de façon mécanique, permet de faire baisser le chômage".

J.M.