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Baisses de charges: Gattaz vent debout contre un possible report

Le président du Medef a exprimé ses inquiétudes quant à un possible report des baisses de cotisations sociales employeurs censées intervenir au 1er janvier 2016. "Les forces économiques ne comprendraient pas" un tel geste, selon lui.

Pierre Gattaz s'insurge. Le président du Medef s'est dit mardi "très inquiet" au sujet du possible report de trois mois des allègements de charges sociales prévus au 1er janvier dans le cadre du pacte de responsabilité, appelant au contraire à "accélérer" ce dernier.

"Je suis très inquiet et (...) très en colère sur le fait qu'on puisse imaginer une seconde qu'on va encore redécaler de trois mois les mesures 2016" du pacte de responsabilité, a plus précisément déclaré le patron des patrons lors de sa conférence de presse mensuelle, estimant que "les forces économiques ne comprendraient pas" un tel geste.

"Il faut tout faire pour que ce pacte aille jusqu'au bout dans le calendrier et le quantum, et je dirais il ne faut pas le retarder, il faut l'accélérer", a-t-il plaidé, demandant aux élus de travailler plutôt sur les "dépenses de fonctionnement de la sphère publique".

"La confiance est très précaire" 

Le journal Les Echos a assuré lundi que le gouvernement envisageait de décaler de trois mois la baisse de charges sociales prévues pour les salaires compris entre 1,6 et 3,5 Smic. Le gouvernement, qui cherche à faire des économies pour boucler son budget 2016, pourrait économiser grâce à cette mesure un milliard d'euros sur les 4,5 milliards annuels que devrait coûter le dispositif, selon le quotidien économique.

Sollicité par l'AFP, le ministère des Finances n'a pas souhaité confirmer ni infirmer cette information, se retranchant derrière l'élaboration du projet de loi de finances (PLF), qui sera présenté au Conseil des ministres le 30 septembre.

Le numéro un du Medef a jugé qu'une telle mesure pourrait ruiner la confiance des milieux économiques. "Aujourd'hui la confiance est très précaire, elle se construit semaine après semaine, jour après jour, mois après mois", a-t-il dit, estimant que ce serait un "très mauvais signal à l'ensemble des forces vives du pays" de revenir sur le pacte, un mois après les "engagements oraux, répétés" du président François Hollande et du Premier ministre Manuel Valls sur son maintien dans l'enveloppe et selon le calendrier prévu.

J.M. avec AFP