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Assurance-chômage: l'accord ne règle pas le déficit de l'Unedic

Pierre  Gattaz, le président du Medef, a failli faire capoter la négociation Unedic

Pierre Gattaz, le président du Medef, a failli faire capoter la négociation Unedic - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le partenaires sociaux ont finalement conclu un accord, vendredi 21 mars, sur de nouvelles règles d'indemnisation du chômage à compter du 1er juillet. Mais la question du déficit de l'Unedic n'est toujours pas réglée.

Un accord à l'arraché dans la nuit de vendredi à samedi. Voilà ce que les partenaires sociaux, du moins le patronat et trois syndicats, CFDT, FO et CFTC, ont signé pour mettre en place de nouvelles règles d'indemnisation des chômeurs à compter de juillet.

Le plus surprenant dans l'affaire n'est pas tant que la CGT et la CFE-CGC aient refusé d'avaliser le texte, cette dernière à cause de la révision à la baisse de l'indemnisation de certains cadres. Mais ce qui surprend est la future signature du Medef au bas de cette nouvelle convention.

En effet, l'organisation patronale voulait que les nouvelles règles d'indemnisation permettent de réaliser un milliard d'euros d'économies par an sur les comptes de l'Unedic qui accusent actuellement près de 4 milliards de déficit annuel.

Or, les mesures d'économies (délais de carence allongés, intermittents mis à contribution...) vont entraîner 800 millions d'économies. A quoi il faudra retrancher près de 400 millions de dépenses supplémentaires liées à la mise en place de "droits rechargeables" pour inciter les chômeurs à reprendre un travail.

On est donc loin du compte même si le spectre d'une dette cumulée de l'Unedic de plus de 30 milliards en 2017 s'éloigne.

Michel Sapin en embuscade

Pourtant, Pierre Gattaz a bien failli faire capoter la négociation dans la dernière ligne droite, vendredi. Le président du Medef était remonté contre sa délégation qui négociait avec les syndicats car celle-ci, estimait-il, acceptait de trop lâcher. Et ce, alors que la base du Medef voulait une vraie remise à plat du système !

C'est Jean-François Pilliard, le "monsieur social" du Medef qui a usé de ses talents diplomatiques pour faire revenir Pierre Gattaz à la raison et obtenir qu'il accepte un compromis avec les syndicats. Le cabinet du ministre du Travail est également intervenu pour obtenir un accord.

Vendredi matin, Michel Sapin avait prévenu que si les partenaires sociaux ne se mettaient pas d'accord, l'Etat prendrait ses responsabilités. En clair que le gouvernement se substituerait à eux et ferait passer de nouvelles règles d'indemnisation par décret.

P.C