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1 salarié français sur 10 a besoin de drogue pour travailler

Selon la MILDT, de plus en plus de salariés français ont besoin de drogue pour affronter le monde du travail. Ils sont actuellement 10%.

Selon la MILDT, de plus en plus de salariés français ont besoin de drogue pour affronter le monde du travail. Ils sont actuellement 10%. - -

Selon la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), 10% des salariés français ont besoin de drogue pour affronter le monde du travail.

La MILDT est chargée d’animer et de coordonner les actions de l’Etat en matière de lutte contre les drogues et les toxicomanies, elle est placé sous l’autorité du Premier ministre. Selon elle, un salarié français sur dix a besoin de drogues pour affronter le travail. Ces « dopés » au travail sont de plus en plus nombreux en France. Le toxicomane consomme le produit pour les effets qu'ils lui procurent : c'est une fin en soi. Le dopé, lui, consomme de la drogue comme un moyen pour être efficace. La majeure partie d'entre eux arrêtent la drogue en même temps qu'ils quittent le poste ou l'entreprise qui les a conduits à commencer. Cocaïne, amphétamines et marijuana ne sont pas l'apanage des seuls mannequins, traders ou publicitaires. Les secteurs les plus touchés sont ceux des chauffeurs routiers, marins, serveurs, les professions médicales, les milieux des médias, de la publicité.

Matthieu, est infirmier en région parisienne dans un service d’urgence d’un grand hôpital. Il avoue se doper à la cocaïne pour affronter la dureté de son métier : « Ce n’est pas quotidien, c’est par période une ou deux fois par semaine, mais ça va faire deux ans. C’est dur, y’a beaucoup de monde, 24/24h et des conditions de travail difficiles. La pression qui est mise par les médecins, par la hiérarchie, par les familles des patients et par les patients qui attendent parfois 8 heures pour être vus par un médecin… On comprend que les gens soient agacés, agressifs et c’est très difficile à gérer. Ils sont en souffrance perpétuelle. Moi j’ai trouvé cette solution là… j’ai un collègue qui faisait ça, il m’a fait essayé, ça m’a plu. La cocaïne maintenant, c’est presque plus facile à trouver que du shit. Ça me coûte, 200–250 euros par mois. Ça va pas durer éternellement, ce n’est pas très bien. Mais c’est la seule solution que j’ai trouvée pour l’instant. Voilà trois ans que je demande un changement de service qui n’est pas accepté…D’autres sont en dépression, en arrêt maladie ou ils vont prendre d’autre substance.
Moi c’est la cocaïne. C’est le travail de nuit qui est très difficile, les gens sont complètement déphasés. Après 5 ou 10 ans de travail intensif de nuit, les soignants n’hésitent pas à prendre un petit comprimé pour les aider à dormir. C’est très courant, y’a rien de rare, de surprenant à prendre dans la pharmacie du service pour se donner un petit coup de pouce.»

La violence, l'hostilité entre les collègues ou avec les supérieurs conduisent aussi des salariés à la drogue. Avec la crise et les difficultés qu'elle entraîne pour les entreprises, il ne suffit plus de faire bien son travail pour conserver son emploi. Avec le stress progresse le sentiment de ne pas être à la hauteur. Sans prendre de drogues dures, certains se rendent malades à force de café et de boissons énergisantes (type Red Bull).

Certains grands groupes tentent de mettre en place une politique de prévention, comme à la SNCF et à la RATP, qui font appel aux policiers formateurs antidrogues, qui intervenaient auparavant uniquement dans les collèges et les lycées.

bourdinandco