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Week-end de vérité pour la Grèce

Le weekend sera déterminant pour la Grèce

Le weekend sera déterminant pour la Grèce - Louisa Gouliamaki - AFP

Le gouvernement d'Alexis Tsipras a remis ses propositions jeudi 9 juillet. Les différentes instances les étudient et rendront leur avis samedi et dimanche.

Le week-end sera déterminant pour Athènes. Les nouvelles propositions soumises par le gouvernement grec à ses créanciers, examinées dès vendredi par le Parlement, seront étudiées samedi par les ministres des Finances de la zone euro, l'Eurogroupe, dont le président Jeroen Dijsselbloem estime qu'une "décision majeure" devrait être prise à cette occasion, avant un sommet extraordinaire des 28, dimanche.

Dans ce document de 13 pages intitulé "Actions prioritaires et engagements" et publié dans la nuit de jeudi à vendredi, Athènes s'engage à adopter une grande partie des mesures proposées par les créanciers le 26 juin et qui ont été rejetées par les Grecs lors d'un référendum dimanche dernier. Les propositions d'Athènes paraissent en effet très proches du dernier texte des créanciers sur la plupart des sujets qui fâchent : retraites, TVA, privatisations, taxe sur les sociétés.....

Des échos optimistes sont venus de plusieurs capitales européennes, comme Paris, Vienne, Rome. Berlin attend de voir.

>> Revivez la journée de ce 10 juillet, journée où les créanciers étudient les propositions.

20h30 - Réformes: ce qui change, ce qui ne change pas

Voici les principales similitudes et différences dans des domaines clés:

L'EXCÉDENT BUDGÉTAIRE PRIMAIRE 
25 juin: objectifs d'excédent primaire (hors service de la dette) de 1% en 2015, 2% en 2016, 3% en 2017 et 3,5% en 2018.
9 juillet: mêmes objectifs mais Athènes précise que l'objectif de 3,5% pour 2018 doit être déterminé au terme d'une discussion avec les "institutions".

LA TVA
25 juin: taux de 23% dans la restauration et l'hôtellerie. 
9 juillet: taux de 23% dans la restauration, de 13% dans l'hôtellerie (ce qu'avait proposé la Commission européenne le 26 juin mais qui n'avait pas été soumis au référendum).

25 juin: élimination totale des rabais dans les îles.
9 juillet: élimination des rabais dans les îles "en commençant par les îles ayant les plus hauts revenus et les destinations touristiques les plus populaires, à l'exception des plus éloignées".

RETRAITES
25 juin et 9 juillet: propositions très similaires, y compris en ce qui concerne les départs anticipés et le passage de l'âge légal de départ à 67 ans d'ici 2022. L'EKAS, l'allocation de solidarité versée en complément des plus faibles pensions, devrait être supprimée d'ici la fin 2019, mais dans les propositions du 9 juillet, sa suppression pour les 20% d'allocataires ayant les revenus les plus élevés ne serait pas immédiate mais effective en mars 2016. Les mesures concernant les retraites représentent 1% du produit intérieur brut (PIB).

IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS
25 juin: relèvement du taux de l'IS à 28% contre 26%
9 juillet: relèvement à 28% contre 26% à partir de 2016

BUDGET DE LA DÉFENSE
25 juin: réduction de 400 millions d'euros du plafond des dépenses militaires impliquant des mesures ciblées en matière d'effectifs et d'achats de matériel.
9 juillet: réduction de 100 millions d'euros du plafond en 2015 et de 200 millions en 2016, réduction des effectifs et des achats de matériel.

MARCHÉ DU TRAVAIL
25 juin: renégociation avec l'Organisation internationale du travail des conventions collectives et des règles en vigueur en matière de mouvements sociaux, sur la base des meilleures pratiques observées en Europe.
9 juillet: renégociation avec l'Organisation internationale du travail des conventions collectives et des règles en vigueur en matière de mouvements sociaux, sur la base des meilleures pratiques observées en Europe.

PRIVATISATIONS
25 juin: objectifs de recettes de 1,4 milliard d'euros pour 2015, 3,7 milliards pour 2016 et 1,2 milliard pour 2017. Vente de tous les actifs détenus par le fonds public de privatisation et transfert à celui-ci de l'opérateur de télécommunications OTE.
9 juillet: aucun objectif de recettes mais vente de tous les actifs du fonds de privatisation et transfert d'OTE à ce fonds.

18h54 - 84% des Grecs veulent garder l'euro

Quatre-vingt-quatre pour cent des Grecs veulent garder l'euro, selon les résultats d'un sondage publié vendredi, et seulement 12% d'entre eux sont favorables au retour de la drachme. D'après cette enquête, réalisée par l'institut Metron Analysis pour le journal Parapolitika, 55% des Grecs jugent également que le "non" aux propositions des créanciers lors du référendum du 5 juillet constituait le bon choix. En cas d'élections législatives, Syriza obtiendrait 45,6% des suffrages, alors qu'il en a recueilli 36,3% au scrutin du 25 janvier dernier. L'opposition conservatrice (Nouvelle Démocratie) voit en revanche ses intentions de vote reculer, de 27,9% à 22,7%. Les dates de l'enquête ne sont pas précisées.

18h12 - Les banques devront être recapitalisées

Les banques grecques devront être recapitalisées de 10 à 14 milliards d'euros et auront besoin d'un délai supplémentaire avant leur réouverture même en cas d'accord dimanche entre le gouvernement et ses partenaires européens sur une nouvelle aide financière au pays, a déclaré vendredi à Reuters un dirigeant du secteur bancaire grec. Les banques grecques sont fermées depuis le 29 juin et dépendent des liquidités d'urgence accordées par la Banque centrale européenne (BCE) pour continuer à distribuer de l'argent aux déposants, dont les retraits sont limités à 60 euros par jour. Leur réouverture est prévue mardi.

18h04 - Tsakalotos confiant

Le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos s'est déclaré confiant vendredi sur le fait que "beaucoup des demandes de la Grèce sur la dette vont être acceptées" par les créanciers, citant notamment un échange d'obligations entre la BCE et le Mécanisme européen de stabilité (MES) prôné de longue date par les Grecs.

Si cet échange des 27 milliards d'obligations grecques détenues par la BCE, dont une partie arrive à échéance cet été, est accepté par les créanciers, "nos échéances seront plus faciles à honorer", a assuré le ministre devant la commission parlementaire qui examine l'offre d'accord soumise jeudi soir par Athènes pour convaincre ses partenaires européens de reprendre leur financement du pays et de le garder dans la zone euro.

17h35 - Euphorie des marchés

Les marchés européens étaient en ébullition vendredi , avec un bond des Bourses et de l'euro, les investisseurs se montrant optimistes sur les chances d'un accord entre la Grèce et les Européens après plusieurs jours d'incertitude. A la clôture, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 3,07%, celle de Madrir de 3% et celle de Lisbonne de 3%.

15h39 - Les Etats-Unis jugent qu'un accord sur rapproche sur la Grèce

La Grèce et ses créanciers semblent se rapprocher d'un accord et il est essentiel que ce pays entreprenne des réformes douloureuses et ajuste le niveau de ses recettes dans le cadre d'une restructuration de sa dette, a déclaré vendredi le secrétaire américain au Trésor. Jack Lew a dit ne pas s'attendre à ce que l'économie américaine souffrent d'"énormes turbulences" en cas d'échec des négociations sur la Grèce.

15h24 - Nouvelle Démocratie favorable aux négociations

Nouvelle Démocratie, principal parti d'opposition, est favorable à ce que Tsipras négocie un accord pour maintenir le pays dans la zone euro.

15h17 - La Grèce doit revenir à la drachme, dit un responsable de la CSU

Les nouvelles réformes proposées par le gouvernement grec sont insuffisantes pour entamer des négociations sur un nouveau plan d'aide, estime Hans-Peter Friedrich, numéro deux du groupe conservateur au Bundestag, selon lequel Athènes doit revenir à la drachme. "Cela ne constitue pas une base de négociations. Je pense que la Grèce a besoin d'un nouveau départ avec sa propre monnaie et avec l'aide sincère de tous ses partenaires européens", a déclaré l'élu, membre influent de l'Union chrétienne-sociale (CSU), alliée bavaroise de la CDU d'Angela Merkel, dans un entretien accordé à Reuters.

Il s'en est par ailleurs pris à François Hollande, qui a jugé les dernières propositions grecques sérieuses et crédibles. "C'est comme si les socialistes français voulaient assouplir les règles budgétaires maintenant qu'ils réalisent qu'ils ne sont pas capables d'appliquer les réformes nécessaires", dit Hans-Peter Friedrich.

14h41 - 5 membres de Syriza pour une sortie de la zone euro

Cinq membres radicaux du parti Syriza au pouvoir en Grèce jugent une sortie de la zone euro et un retour à la drachme préférables à un accord avec les créanciers internationaux impliquant une nouvelle cure d'austérité sans perspective de réduction de la dette.

"A cette heure, le gouvernement peut et doit répondre au chantage des institutions en leur proposant le choix suivant : soit un programme sans nouvelle cure d'austérité, avec un financement et une réduction de la dette, soit une sortie de la zone euro et la suspension des paiements de la dette injuste et non viable", disent-ils dans un communiqué. Trois des signataires siègent à la Vouli, le parlement monocaméral, les deux autres sont membres du comité politique du parti. Syriza dispose de 149 des 300 sièges de la Vouli.

14h - Berlin ne se prononce pas

Le gouvernement allemand s'est abstenu vendredi de commenter les dernières propositions grecques de réformes et s'est montré réservé sur l'issue des discussions prévues ces prochains jours, une attitude dont Berlin est coutumier mais qui tranchait avec l'optimisme manifesté ailleurs. "Je ne peux pas juger du contenu" des propositions transmises par Athènes jeudi soir à ses partenaires européens dans un ultime effort pour obtenir une aide financière, a déclaré Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, lors d'un point de presse régulier.

13h40 - To Potami en faveur des réformes

Le parti centriste To Potami va voter au parlement grec en faveur des réformes proposées par le gouvernement d'Alexis Tsipras et destinées à obtenir une aide financière pour la Grèce, a annoncé vendredi un porte-parole de cette formation. "Assurément, nous allons autoriser le Premier ministre à proposer un accord", a dit Dimitris Tsiodras après une réunion du groupe parlementaire de To Potami. Ce parti compte 17 députés sur les 300 de la Vouli, le parlement monocaméral grec.

13h15 - Intervention de Manuel Valls sur la Grèce

Les propositions du gouvernement grec pour obtenir une nouvelle aide européenne sont "solides, sérieuses, complètes et donc crédibles", avec des "engagements sur tous les sujets", a salué vendredi Manuel Valls alors que la France pousse pour un accord.

"Sur le fond, ces propositions sont solides, sérieuses, complètes et donc crédibles", a déclaré le Premier ministre lors d'un déplacement sur l'île bretonne d'Ouessant. "Elles comportent des engagements sur l'ensemble des sujets qui ont pu être discutés jusqu'à présent", a-t-il salué, citant les engagements budgétaires, la réforme de la TVA, la réforme des retraites, la réforme de l'administration publique et la lutte contre la corruption".

"Je forme, comme l'a fait le Président de la République, le voeu que les propositions du gouvernement grec permettent d'avancer et d'obtenir un accord", a-t-il ajouté. Alors que Berlin s'est montré moins positif que d'autres capitales européennes au sujet de l'offre grecque, Manuel Valls a de nouveau nié une divergence franco-allemande. S'il y a des "sensibilités et des rapports avec la Gréce qui sont différents", "nos deux pays agissent de concert pour trouver des solutions".

12h37 - L'Allemagne voit toujours "peu de marge de manoeuvre" pour restructurer la dette

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble entrevoit "très peu de marge de manoeuvre pour une restructuration, un 'reprofiling' ou d'autres choses de ce genre", a déclaré son porte-parole Martin Jäger à Berlin. L'Allemagne est également opposée à une décote de la dette, et à tout ce qui conduirait à "abaisser de manière significative la valeur de la dette", a-t-il précisé.

11h30 - La BCE, l'UE, le FMI en réunion à la mi-journée

Les dirigeants des principales institutions créancières de la Grèce vont s'entretenir vendredi à 13h00 par téléconférence pour examiner les propositions adressées jeudi soir par Athènes, a-t-on appris de sources européennes.

10h38 - François Hollande salue un programme "sérieux et crédible"

Comme Emmanuel Macron avant lui, le président de la République salue tout le bien qu'il pense des propositions envoyées par Alexis Tsipras. 

"Les Grecs viennent de montrer une détermination à vouloir rester dans la zone euro parce le programme qu'ils présentent est sérieux et crédible, ensuite parce qu'ils vont le soumettre au Parlement ce qui montrera de la force, de l'engagement et je le dis aussi du courage", a déclaré le chef de l'Etat à des journalistes à Paris. "Les discussions doivent maintenant s'engager, doivent reprendre mais avec la volonté de conclure", a-t-il ajouté. 

10h31 - Une "décision majeure" pour Samedi?

Le chef de file à l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a indiqué qu'un premier verdict sur les propositions soumises par Alexis Tsipras aura lieu "sans doute" ce vendredi, rapporte l'agence Bloomberg.

Jeroen Dijsselbloem a par ailleurs assuré qu'une "décision majeure" pourrait être prise par les ministres des Finances de la zone euro samedi, considérant que le texte soumis par la Grèce était "un texte des plus approfondis".

10h20 - Macron "raisonnablement optimiste"

Le ministre de l'Economie s'est dit "raisonnablement optimiste" sur une issue favorable du feuilleton grec. "Je crois que des avancées majeures ont été faites par ces deux derniers jours", a-t-il déclaré depuis Madrid.

Surtout et contrairement à Berlin, il a considéré que la question de la restructuration de la dette grecque devra être mise sur la table.

9h57 - Pour Harlem Désir , les propositions de Tsipras sont sérieuses et crédibles

Pour Harlem Désir, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, les nouvelles propositions transmises par le gouvernement grec à ses créanciers constituent un "ensemble sérieux, crédible, global". "C'est un moment très important pour la Grèce mais aussi pour l'Europe", a-t-il également estimé sur Radio Classique, selon la transcription de son interview transmise par la chaîne.

"A partir du moment où il y a un engagement aussi sérieux, aussi fort de la part d'Alexis Tsipras et son gouvernement, il faut que les négociations puissent aboutir", a-t-il ajouté. 

9h25 - Les Bourses européennes saluent les propositions de Tsipras

Les différentes places européennes sont visiblement soulagées de voir le gouvernement grec envoyer des propositions s'accordant sur les exigences des créanciers.

Peu après 9h, Paris prenait 2,24%, Francfort 2,21% et Milan 1,32% et Lisbonne 2,35%. Et l'euro remontait légèrement face au dollar.

8h55 - Morano "la Grèce est responsable de la situation dans laquelle elle est"

Invitée de BFMTV-RMC, la députée européenne a jugé que la "Grèce est responsable de la situation dans laquelle elle est". "Tsipras nous fait des propositions de réformes qu'il aurait dû faire il y a six mois", a-t-il également affirmé.

8h09 - NKM - "Il ne faut pas que la Grèce devienne la CGT de l'Europe"

Interrogé sur France Info, la vice-présidente des Républicains a appelé à ne pas tomber "dans un système où c'est celui qui gueule le plus fort qui a gain de cause sur tout. Faut pas que la Grèce, devienne, pardon, c'est un peu lapidaire dit comme ça, la CGT de l'Europe".

7h47 - Arnaud Montebourg pointe la "lourde défaillance des politiques d'austérité"

L'ancien ministre de l'Economie a toujours été un vif pourfendeur de l'austérité. On ne s'étonnera donc pas de ses propos relatés dans un entretien au Monde.

Arnaud Montebourg condamne ainsi la politique des créanciers de la Grèce. "Chacun peut se rendre compte à travers le cas grec de la lourde défaillance des politiques d’austérité. Plus on serre la vis budgétaire, plus on appauvrit les gens, plus on coule l’activité économique et moins on peut rembourser ses dettes", affirme-t-il.

Et Arnaud Montebourg de souligner "le piège destructeur" que représente l'austérité et d'ajouter que "le peuple grec comme beaucoup d’autres en Europe ont fait d’énormes sacrifices, mais pour des résultats sur le plan de l’endettement inexistants".

7h40 - Quelles étaient les exigences des créanciers?

Athènes a donc accepté la majeure partie des demandes des créanciers. Mais quelles étaient-elles exactement?

La réponse ici.

6h10 – La Grèce, reine des unes de The Economist

Dans un tweet publié cette nuit, le journal The Economist se demande combien de fois la Grèce a fait sa une. Réponse: 9 fois en cinq ans, depuis mai 2010. La dernière en date étant celle de ce vendredi.

5h52 - Point calendrier

Les propositions d'Athènes vont être examinées en plusieurs étapes. Elles seront d'abord passées au peigne fin ce vendredi par les experts de la Commission européenne; de la BCE et du MES. Samedi ce sera au tour des ministres des Finances de la zone euro. Enfin dimanche, les chefs d'Etat et de gouvernement s'empareront du sujet.

Hier – Les mesures prévues par la Grèce

Selon Reuters, l'exécutif grec propose notamment une hausse des taxes sur le transport maritime et une suppression, pour la fin 2016, de la fiscalité avantageuse dont bénéficient ses îles, composantes essentielle de l'industrie du tourisme.

La Grèce prévoit aussi un relèvement de la TVA sur la restauration à 23% (à 13% pour l'hôtellerie), la suppression par étapes à l'horizon fin 2019 du complément de pension pour les retraités les plus modestes (Ekas) ainsi que des réduction de dépenses en matière de Défense d'un montant de 300 millions d'euros d'ici la fin 2016.

J.M. et D. L. avec Reuters