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Grèce: des bénévoles néerlandais veulent amener des réfugiés aux Pays-Bas

Un camps de fortune sur l'île grecque de Lesbos, adjacent au camps de réfugiés Moria, le 2 décembre 2018.

Un camps de fortune sur l'île grecque de Lesbos, adjacent au camps de réfugiés Moria, le 2 décembre 2018. - Anthi Pazianou - AFP

Les bénévoles reprochent au gouvernement néerlandais de ne pas avoir accueilli autant de réfugiés que promis, alors que beaucoup vivent en Grèce, parfois entassés dans des camps insalubres.

Soixante volontaires néerlandais sont arrivés à Athènes lundi après avoir traversé les Balkans en voiture pour "réclamer au gouvernement grec d'évacuer 150 réfugiés" vers les Pays-Bas, a déclaré lundi Rikko Voorberg, le porte-parole de la fondation "Let's bring them here" (Ramenons-les ici).

Les militants néerlandais, accompagnés de représentants grecs du mouvement anti-raciste et de réfugiés, se sont rendus devant le parlement grec lundi. Ils ont brandi des lettres écrites par des milliers de leurs compatriotes réclamant la relocalisation aux Pays-Bas de réfugiés se trouvant en Grèce.

Selon le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU, en Grèce se trouvent actuellement plus de 60.000 réfugiés dont 14.000 dans les îles, dans des camps surpeuplés aux conditions insalubres.

Une pétition en ce sens, lancée par Rikko Voorberg dans son pays, a récolté plus de 45.000 signatures - à l'écriture de cet article - et a été remise au président du Parlement grec.

"Nous ne pouvons pas rester assis chez nous aux Pays-Bas et voir un désastre humanitaire se produire aux portes de l'Europe", a-t-il indiqué.

La fondation a aussi écrit une lettre au Premier ministre grec Alexis Tsipras et au ministre de l'Immigration Dimitris Vitsas pour expliquer l'initiative. "Nous voulons juste que le gouvernement néerlandais respecte ses promesses de relocalisation datant de 2015 et que tous les pays européens partagent la responsabilité de l'accueil des réfugiés", a souligné Rikko Voorberg.

Accusés de "transport illégal de personnes"

Le gouvernement néerlandais avait mis en garde la semaine dernière les volontaires, les avertissant que ce projet équivaut à un trafic illégal d'êtres humains. "Le transport illégal de personnes dépourvues de droits de résidence équivaut à la traite d'êtres humains et est punissable par la loi", avait alors indiqué le secrétaire d'État néerlandais à la Justice Mark Harbers.

"Nous ne voulons rien faire d'illégal, mais mobiliser sur la question. Les Pays-Bas pourraient accueillir 1.000 réfugiés dans le cadre d'un accord bilatéral avec la Grèce, comme l'a fait récemment le Portugal. Nous en avons la capacité et le devoir!", a répliqué Rikko Voorberg.

Les Pays-Bas s'étaient engagés à accueillir 5.947 réfugiés depuis la Grèce et l'Italie dans le cadre du programme européen de relocalisation, lancé lors de la crise migratoire en 2015 et qui a pris fin en septembre 2017. Seuls 2.775 ont effectivement été transférés depuis la Grèce et l'Italie.

Sa. V avec AFP