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Dette: le gouvernement italien veut à tout prix éviter que Bruxelles ouvre une procédure disciplinaire

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Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, va se mobiliser pour éviter l'ouverture d'une procédure pour dette excessive par l'Union européenne.

Le gouvernement italien fera tout pour éviter l'ouverture d'une procédure d'infraction pour dette excessive de la part de l'Union européenne, a promis mardi son chef Giuseppe Conte.

"La négociation avec la Commission européenne et avec les partenaires de l'Union européenne verra le gouvernement absolument déterminé à éviter, dans les prochains mois, l'ouverture d'une procédure d'infraction pour dette excessive", a déclaré le président du Conseil italien à Rome.

Selon Giuseppe Conte, le déficit public italien atteindra "probablement" 2,2% du Produit intérieur brut (PIB) cette année, soit moins que les 2,5% prévus par la Commission européenne.

Dialogue avec la Commission

"Je suis totalement confiant dans la capacité de dialogue tant du gouvernement que de la Commission européenne", a-t-il ajouté, en précisant que cette opinion était partagée par tous les membres de l'exécutif.

Le président du Conseil italien a eu un entretien lundi soir avec ses deux vice-Premiers ministres et chefs de la majorité gouvernementale, Matteo Salvini pour la Ligue (extrême droite) et Luigi Di Maio pour le Mouvement cinq Etoiles (M5S, antisystème).

Dans un communiqué commun, publié dans la nuit de lundi à mardi, les trois hommes ont indiqué qu'une "rencontre avec les techniciens du ministère des Finances et avec le ministre Giovanni Tria sera nécessaire pour mettre au point une stratégie à adopter dans la négociation avec l'Europe, de manière à éviter une procédure d'infraction".

"L'Italie va dans une mauvaise direction"

La cohésion du gouvernement populiste italien avait été sérieusement mise à mal pendant la campagne pour les élections européennes, et encore fragilisée par l'issue du vote, qui a bouleversé le rapport de forces entre la Ligue et le M5S. Dans ce contexte, Giuseppe Conte avait menacé la semaine dernière de démissionner si ses deux vice-Premiers ministres ne mettaient pas fin à leurs polémiques incessantes. "Avec Di Maio et Salvini, il y a accord total sur le fait que la procédure d'infraction doit être évitée", a-t-il assuré mardi.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a pour sa part estimé mardi que l'Italie n'était "pas encore" une menace pour les marchés financiers mais que la situation était "sérieuse".

"Nous pensons que l'Italie va dans une mauvaise direction", a-t-il insisté lors d'une interview diffusée en direct par le site politico.eu. "L'Italie court le risque d'entrer pendant des années dans une procédure de déficit excessif." "Je voudrais l'éviter et cela dépendra des engagements que le gouvernement italien prendra", a-t-il ajouté.

Une dette qui atteint 132% du PIB

Le 5 juin, Bruxelles a ouvert la voie à des sanctions financières contre l'Italie en raison de sa dette colossale (2300 milliards d'euros). Le pays affiche le deuxième taux d'endettement le plus important de la zone euro après la Grèce, à quelque 132% du PIB.

L'ouverture d'une procédure pour déficit excessif ne sera effective qu'au terme d'un processus complexe nécessitant l'approbation des autres Etats membres.

Jean-Christophe Catalon avec AFP