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Christine Lagarde appelle à rendre le plan de relance européen opérationnel "sans délai"

Christine Lagarde

Christine Lagarde - AFP

La banquière centrale a insisté sur la nécessité de "faciliter des politiques budgétaires expansionnistes" en cette période de crise, après le véto de la Hongrie et la Pologne bloquant le plan de relance de l'UE.

La présidente de la Banque centrale européen (BCE), Christine Lagarde, a appelé ce jeudi à la mise en place "sans délai" du plan de relance européen, au moment où la Hongrie et à la Pologne bloquent son adoption par l'UE.

Le plan de relance européen dénommé 'Next Generation EU' "doit devenir opérationnel sans délai", a déclaré la banquière centrale lors d'une audition devant le Parlement européen, avant que les Vingt-Sept ne se réunissent dans la journée en visioconférence pour sortir de cette crise. "Nous continuons d'être confrontés à des circonstances graves, tant du point de vue sanitaire qu'économique", a déclaré Christine Lagarde au début de son intervention.

Si elle n'a pas directement évoqué le veto des deux pays d'Europe centrale au plan européen, la Française a insisté sur la nécessité de cette enveloppe historique de 750 milliards d'euros "pour faciliter des politiques budgétaires expansionnistes, notamment dans les pays de la zone euro dont l'espace budgétaire est limité".

"La réponse à la crise jusqu'à présent a également illustré avec force comment la politique monétaire et la politique budgétaire peuvent se renforcer mutuellement dans les circonstances actuelles", a-t-elle dit.

Les rachats de dettes vont se poursuivre

A ce jour, les gouvernements de la zone euro ont mis en oeuvre des mesures budgétaires représentant plus de 4% du PIB de la zone rien qu'en 2020, en plus de celles relevant des dépenses sociales. Or, "la faiblesse de la demande et le risque accru d'une reprise retardée justifient le maintien du soutien des politiques budgétaires nationales" pour éviter aux économies de chuter brusquement, a estimé Christine Lagarde.

La BCE va aborder la phase actuelle de la crise "avec la même approche et la même détermination" que lors de la première vague où elle se prévaut d'avoir réagi "rapidement et vigoureusement" aux conséquences sur les économies de la zone euro, selon Christine Lagarde.

Les rachats de dette effectués dans le cadre du plan d'urgence "PEPP" et les prêts géants aux banques vont rester "les principaux outils d'ajustement de notre politique monétaire", a-t-elle répété. La BCE se réunira début décembre pour décider d'un nouveau volet de mesures de soutien à l'économie en zone euro.

P.L. avec AFP