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"C'est non": la France prévient qu'il n'y aura pas renégociation du Brexit

La France refuse de renégocier l'accord de sortie

La France refuse de renégocier l'accord de sortie - AFP

À l'instar des présidents du Conseil Donald Tusk et de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, la ministre des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a rappelé que le Royaume-Uni ne pourrait pas renégocier l'accord de sortie de l'Union européenne.

La France a prévenu ce vendredi les deux candidats au poste de Premier ministre britannique qu'elle n'accepterait pas de renégocier l'accord de sortie de l'Union européenne, confirmant les mises en garde de Bruxelles.

"Si le Royaume-Uni veut sortir de l'Union et s'il veut sortir de manière ordonnée, alors l'accord que nous avons sur la table c'est l'accord négocié depuis deux ans", a indiqué la ministre des Affaires européennes Amélie de Montchalin devant l'Association de la presse anglo-américaine à Paris.

Le favori pour le poste, l'ex-maire de Londres Boris Johnson, figure pro-Brexit, affrontera le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt dans cette course au 10 Downing Street qui sera tranchée d'ici fin juillet. Initialement prévu le 29 mars, le Brexit a été repoussé au 31 octobre après trois rejets par les députés britanniques de l'accord de divorce négocié deux ans durant par Theresa May. Les deux candidats ont tous deux exprimé le voeu de le renégocier. Mais Bruxelles a clairement indiqué qu'il n'y aurait pas d'alternative.

"C'est non"

Pour Amélie de Montchalin, si Boris Johnson, Jeremy Hunt "et tous les autres", opposition comprise, veulent négocier avec l'Europe la déclaration qui régira l'avenir des relations entre le Royaume-Uni et l'UE, "ils sont les bienvenus". Quant à "rouvrir l'accord de retrait, la position du Conseil (européen) est très claire: c'est non", a-t-elle martelé en écho aux déclarations des présidents du Conseil Donald Tusk et de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Boris Johnson était de nouveau vendredi au coeur d'une controverse après la révélation d'une insulte, coupée au montage à la demande du Foreign Office, proférée dans un documentaire de la BBC: alors à la tête de la diplomatie britannique, il affirmait que les Français se comportaient comme des "cons" sur le Brexit, selon le Daily Mail.

La ministre française a refusé de commenter ces propos. L'intéressé a dit vendredi qu'il ne se souvenait pas de les avoir tenus. "Je préfère ne pas commenter des mots que je ne comprends pas moi-même parce qu'ils ne sont pas du registre linguistique que j'ai appris à l'école", a justifié Amélie de Montchalin. Elle a assuré qu'en tous les cas, "la France et toute l'Union travailleront avec le prochain Premier ministre parce qu'il aura été choisi par les institutions britanniques".