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Brexit: Merkel avertit Johnson qu'un accord est très "improbable"

Angela Merkel et Boris Johnson se sont entretenu par téléphone ce mardi alors que de difficiles négociations se tiennent à Bruxelles pour éviter un "no deal" le 31 octobre

Angela Merkel et Boris Johnson se sont entretenu par téléphone ce mardi alors que de difficiles négociations se tiennent à Bruxelles pour éviter un "no deal" le 31 octobre - John McDougall - AFP

La chancelière allemande Angela Merkel a averti mardi le Premier ministre britannique Boris Johnson qu'un accord sur le Brexit s'annonçait "extrêmement improbable" faute de nouvelles propositions de Londres sur l'Irlande, a indiqué une source à Downing Street.

L'Allemagne durcit le ton. Selon une source proche de Boris Johnson, Premier ministre britannique, Angela Merkel a prévenu le Premier ministre britannique Boris Johnson qu'un accord sur le Brexit s'annonçait "extrêmement improbable" faute de nouvelles propositions de Londres sur l'Irlande. La chancelière allemande aurait tenu ces propos ce mardi lors d'un entretien téléphonique avec le chef du gouvernement britannique. 

Alors que Bruxelles tente a tout prix d'éviter un "no deal" le 31 octobre, un accord serait "pratiquement impossible" pour Downing Street au vu se la teneur de l'entretien, selon cette source. Le gouvernement allemand s'est refusé à tout commentaire sur le contenu de cette conversation, sans nier qu'elle a bien eu lieu.

Selon une source européenne à Bruxelles, "rien n'a bougé" lors de négociations lundi, et les "modifications" apportées par Londres pour l'instant "ne changent pas grand chose". En l'état, le projet de Londres n'est "pas encore suffisant pour convaincre" Bruxelles et "à ce rythme là on voit mal comment on pourrait être prêt pour le Conseil" européen des 17 et 18 octobre, a indiqué une autre source.

"A ce rythme là on voit mal..."

Arrivé au pouvoir fin juillet, Boris Johnson s'est engagé à sortir le Royaume-Uni de l'UE à tout prix le 31 octobre, après deux précédents reports, malgré une loi le contraignant à demander un délai si aucun accord n'est trouvé d'ici au 19 octobre, juste après un sommet européen présenté comme celui de la dernière chance. Les spéculations vont bon train au Royaume-Uni sur la volonté du dirigeant de contourner le texte de loi, qu'il s'est pourtant engagé à respecter, en exploitant une éventuelle faille ou en demandant à un Etat membre de l'UE d'opposer son veto à un report.

Le président du conseil européen, le Polonais Donald Tusk, a accusé mardi le premier ministre britannique Boris Johnson de jouer avec "l'avenir de l'Europe" avec un "stupide jeu de reproches" sur les responsabilités d'un échec des négociations sur le Brexit. 

"Boris Johnson, l'enjeu n'est pas de gagner un stupide jeu de reproches. L'avenir de l'Europe et du Royaume-Uni ainsi que la sécurité et les intérêts de nos peuples sont en jeu. Vous ne voulez pas d'accord, vous ne voulez pas de prolongation, vous ne voulez pas révoquer (le divorce), quo vadis (Où vas-tu)?", a écrit Donald Tusk dans un message sur son compte twitter un peu plus d'une semaine avant un sommet européen dominé par le divorce avec Londres.

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Angela Merkel

Pascal Samama avec AFP