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Un sosie de Le Drian utilisé pour escroquer des sociétés de sécurité

Un sosie aurait usurpé l'identité de Jean-Yves Le Drian

Un sosie aurait usurpé l'identité de Jean-Yves Le Drian - Stéphane de Sakutin - AFP

Il y a plusieurs mois, des escrocs ont utilisé un sosie du ministre de La Défense pour extorquer d'importantes sommes d'argent à des sociétés sous prétexte de financer des opérations secrètes, révèle le journal israélien Yediot Aharonot.

On connaissait l'arnaque au président, ce vieux stratagème qui consiste à faire croire qu'un haut cadre d'une grande entreprise réclame un virement en urgence sur le compte d'une tierce personne, et qui est d'ailleurs la fraude dont les entreprises sont le plus souvent victimes.

Il existe désormais une variante où les escrocs se font cette fois passer…pour Jean-Yves Le Drian. En effet, selon les informations de Yediot Aharonot, l'un des trois grands quotidiens israéliens, des faussaires ont, il y a plusieurs mois, escroqué des entreprises françaises de sécurité en utilisant un sosie du ministre de la Défense.

Ils contactaient par visioconférence les différents responsables des groupes visés, maquillaient leur compère grimé en Jean-Yves Le Drian et demandaient alors une contribution financière pour une opération secrète visant à lutter contre Daesh ou à secourir des otages. Les faussaires installaient alors leur complice dans un local qui répliquait à l'identique (ou presque) le bureau du ministre, avec un mobilier identique, un drapeau de la France ou encore des photos. Selon Yediot Aharonot, plusieurs entreprises auraient mordu à l'hameçon et auraient ainsi transféré "des dizaines de millions d'euros" aux escrocs.

Des ONG et des chefs d'État également visés

Les enquêtes menées par les autorités françaises ont localisé les suspects en Israël. Une demande officielle a été adressée pour que les autorités israéliennes apportent leur coopération.

D'après l'Obs, qui s'est fait confirmer l'information, ces agissements ne sont pas nouveaux. Ainsi, Jean-Yves Le Drian avait déjà déposé une plainte en juillet 2015. Des ambassades, des ONG, des associations d'entreprises, ainsi que des chefs d'État africains avaient été approchés par téléphone ou via des collaborateurs proches.

Méfiants, plusieurs de ces mêmes chefs d'État ont découvert le pot-aux-roses en rappelant directement le ministre sur son portable. Plusieurs d'entre eux auraient néanmoins été troublés par la ressemblance de la voix de l'usurpateur au téléphone avec celle du ministre de la Défense. À la suite de cette plainte, une information judiciaire a été confiée à l'Office central de la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) en avril 2016, explique l'Obs.

J.M.