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Un an après la loi alimentation, le secteur est "dans une déflation terrible", pointe Sophie Primas (LR)

La sénatrice LR des Yvelines Sophie Primas, présidente de la commission des affaires économiques du Sénat, pointe du doigt les effets de bord d'une loi qui ne répond pas à sa promesse de départ.

Un an après sa promulgation, la loi Egalim, qui définit les relations entre la grande distribution et ses fournisseurs dans l'agro-alimentaire, ne fait pas l'unanimité. A l'heure du premier bilan, Sophie Primas, sénatrice LR des Yvelines et présidente de la commission des affaires économiques du Sénat Sophie Primas, estime que la loi ne répond pas à sa promesse de départ.

Votée le 2 octobre 2018 à l'Assemblée nationale, puis promulguée le 1er novembre dernier, la loi Egalim était, en principe, supposée redonner un peu de souffle aux agriculteurs qui rencontrent quotidiennement d'importantes difficultés financières.

"Je voudrais dire que cette loi, elle est partie sur un malentendu. C'est-à-dire que l'objectif de la loi, l'objectif premier de la loi, c'était d'améliorer le revenu des agriculteurs. (…) Donc elle est partie sur cet objectif-là et aujourd'hui il y a effectivement une grande grande déception puisque, après le discours de Rungis du président de la République, après les états généraux qui ont mis un mouvement positif de l'alimentation, qui ont mis un mouvement positif dans le pays, eh bien on en est aujourd'hui à une déception vraiment sur le revenu des agriculteurs", souligne l'élue.

Les agriculteurs et les PME face à la déflation des prix

En outre, la présidente de la commission des affaires économiques a tenu à mettre en exergue le fait que cette loi alimentation a également eu des conséquences néfastes pour les autres acteurs de la filière.

"C'est un petit peu le paradoxe. (…) En voulant améliorer le revenu des agriculteurs, on a mis en place toute une partie de la loi sur les relations (…) entre les entreprises agroalimentaires, les entreprises en général et la grande distribution", précise-t-elle.

Selon Sophie Primas, l'idée de départ ne consistait aucunement à générer un surcoût pour les PME, encore moins pour les consommateurs. L'idée tenait au fait de faire en sorte que la grande distribution révise quelque peu ses marges en faisant moins pression sur les agriculteurs. Echec cuisant puisque pour la Sénatrice LR, tant les agriculteurs que les PME et les petits distributeurs se retrouvent aujourd'hui dans une situation de "déflation du prix". Ainsi, "aujourd'hui, on arrive à une situation où les agriculteurs ne gagnent plus d'argent, les entreprises agro-alimentaires ne gagnent plus beaucoup d'argent et la distribution ne gagne plus non plus beaucoup d'argent. Et donc on est dans une déflation terrible".

Dans une étude de l'observatoire des négociations commerciales publiée en avril denier, le prix d’achat des produits alimentaires vendus sous marque nationale pour 2019 avait reculé de 0,4% sur un an. Et la guerre des prix s'est poursuivie depuis. 

Repenser la loi et prévoir des exceptions

Pour tenter de corriger le tir, Sophie Primas préconise de " corriger les effets de bord" qui se révèlent, poursuit-elle, "très très embêtants". C'est là l'un des thèmes de discussion qui sera abordé mercredi 30 octobre au Sénat. Le Sénat qui, d'ailleurs, n'avait pas voté en faveur de cette loi Egalim.

Pour les PME en difficultés financières, la sénatrice estime enfin qu'il s'avère nécessaire de "prévoir juridiquement des phénomènes d'exception, des phénomènes qui permettent à l'administration dans certains cas de dire 'oui', là il y a un vrai problème. On peut ajuster la mesure", conclut-elle.

J.C-H