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Travail du dimanche: les réactions aux annonces d'Ayrault

Jean-Paul Bailly, l’ancien patron de La Poste, rend ce lundi 2 décembre son rapport sur le travail du dimanche

Jean-Paul Bailly, l’ancien patron de La Poste, rend ce lundi 2 décembre son rapport sur le travail du dimanche - -

L'ancien patron de La Poste, Jean-Paul Bailly, a rendu son rapport sur le Travail du dimanche, qui devrait servir de base au gouvernement pour modifier la législation sur le sujet. Les réactions ne se sont pas fait attendre, notamment après la prise de parole de Jean-Marc Ayrault.

L'ex-patron de La Poste, Jean-Paul Bailly, a remis ce lundi 2 décembre au gouvernement son rapport censé mettre de l'ordre dans le dossier sur le travail du dimanche. Ensuite, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé les mesures du gouvernement sur le sujet.

>> Ce direct est terminé, retrouvez ici les annonces de Jean-Marc Ayrault et les réactions à ces déclarations.

13h43: les syndicats mitigés

"Chaque fois que le gouvernement a une difficulté sociale, il confie un rapport à un patron", a ironiquement noté Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT.

Il estime d'ailleurs que le rapport Bailly n'apporte "pas de réponse à la question posée par le Premier ministre", qui portait selon lui sur le "travail atypique", donc pas seulement le dimanche, qui concernerait "30% des salariés".

Il craint enfin que les salariés n'aient pas leur mot à dire sur les week-end travaillés supplémentaires occasionnés si les dérogations municipales passent de 5 à 12.

La CFTC et l'Unsa ont elles aussi tiqué sur ces autorisations supplémentaires, qui "brisent la cohérence de l'analyse" de Jean-Paul Bailly, selon elle.

La CFE-CGC, elle, salue le rapport, mais réclame l'ouverture de négociations interprofessionelles sur la question.

11h32: le PDG de Bricorama satisfait

Jean-Claude Bourrelier, le PDG de Bricorama, se félicitait de ces annonces qui vont selon lui "mettre fin aux passes droits et abus qui donne lieu à des dérogations dont on ne sait pas comment et pourquoi elles sont obtenues".

Le gouvernement aurait pu empêcher tout le monde d'ouvruir le dimanche, il a préféré "redonner un peu d'oxygène à Bricorama, je ne vais pas m'en plaindre", continue-t-il.

Il s'inquiète toutefois qu'on aboutisse à nouveau à une situation où certains peuvent ouvrir et d'autres non. Or ce que réclame Jean-Claude Bourrelier, depuis le début, c'est l'égalité: "tous fermés ou tous ouverts, mais tous égaux".

De son côté, le Club des entrepreneurs, un lobby de créateurs et dirigeants d'entreprise, estime que "ce rapport est tout ce que nous avions craint". Il faut dire qu'il prône le travail dominical comme "un enjeu déterminant d'attractivité et de compétitivité".

> 09h44: Jean Marc Ayrault ne remet pas en cause la règle du travail dominical

"Le droit actuel est illisible donc incompris", a déclaré le Premier ministre. Depuis Matignon ce lundi, il pointe "des inégalités injustifiables, des incohérences entre les secteurs d'activité, des ouvertures illégales".

"Il faut mettre un terme à cette situation", martèle-t-il, mais sans élargissement puisque "ouvrir à de nouveaux secteurs serait remettre en cause le principe du repos dominical sans apporter d'amélioration pour les salariés concernés".

Or "le dimanche n’est pas un jour comme les autres et nous ne souhaitons pas qu’il le devienne", a déclaré Jean-Marc Ayrault. Si des "dérogations à cette règle existent nécessairement", il n'y aura en tout cas "pas d'ouverture sans contrepartie pour les salariés".

L'objectif du Premier ministre est d'apporter à ce dossier du travail du dimanche "un cadre stable, clair, en respectant le principe du repos dominical auquel les Français sont particulièrement attachés".

Ce nouveau cadre législatif sera mis en place en cours d'année 2014. Et un "réglement transitoire" sera proposé pour "le secteur du bricolage en Ile-de-France". Selon le chef du gouvernement, il n'y a en effet "pas de modèle unique entre l'Ile-de-France et la province".

> 09h15: Jean-Paul Bailly préconise une loi

Il propose d'étendre de 5 à 12 le nombre des dimanches autorisés par le maire.

Il suggère ensuite une loi pour revoir les zones autorisées à ouvrir.

Il évoque enfin une remise en cause de la dérogation accordée à l'ameublement. Il refuse par ailleurs l'élargissement au secteur du bricolage.

> 07H45: Marisol Touraine demande "plus de souplesse

"Il faut à l'évidence plus de souplesse, il faut des adaptations, parce qu'on ne comprend pas grand-chose aux raisons qui poussent à ce que tel commerce puisse être ouvert, et tel autre ne le soit pas", a déclaré sur i-Télé la ministre des Affaires sociales et de la Santé.

"Je suis favorable à ce que des adaptations interviennent, dans le respect évidemment de la volonté des salariés, et qui dit travail du dimanche doit signifier amélioration de la rémunération, ce qui n'est pas toujours le cas", a-t-elle ajouté.

"Il faut mettre de la cohérence, de la cohérence par territoires parce que tout le monde comprend que ce qui se passe en Ile-de-France n'est évidemment pas comparable à ce qui se passe, par exemple dans ma région, la région Centre", a ajouté Mme Touraine.

> 07h40: Pour Najat Vallaud Belkacem, une loi n'est "pas forcément nécessaire"

La porte-parole du gouvernement, a déclaré ce lundi matin que l'aménagement du travail dominical ne devait pas forcément passer par une loi.

Sur France 2, la ministre a indiqué que "c'est à la fois la question des nouvelles pratiques des consommateurs et aussi la question de la protection des salariés" et "enfin la façon dont d'un territoire à l'autre, peut-être, on n'est pas obligés d'appliquer strictement les mêmes règles".

La veille sur BFMTV, le ministre du Travail Michel Sapin assurait qu'il fallait "plus de souplesse" sur le travail du dimanche, et que ce n'était pas un problème sur tous les territoires.

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Le titre de l'encadré ici

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L'ESSENTIEL

Le débat sur le travail du dimanche a été relancé par les enseignes de bricolage. Bricorama, interdit d'ouvrir certains de ses magasins le dimanche après la plainte d'un syndicat, a attaqué ses concurrents Castorama et Leroy Merlin, qui eux pouvait ouvrir, pour "concurrence déloyale". Ces évènements ont fait apparaître les absurdités de la législation. Le gouvernement a confié une mission à Jean-Paul Bailly pour mettre de l'ordre dans le dossier.

N.G. et AFP