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Tracfin : l'activité du service de renseignement financier en nette hausse

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- - LOIC VENANCE / AFP

Le service de renseignement financier Tracfin a vu son activité augmenter de manière significative l'an passé, notamment en matière de lutte contre le financement du terrorisme.

Crée en 1990, Tracfin est un organisme du ministère de l'Economie et des Finances composé de 166 agents, chargé de la lutte contre la fraude, le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Son activité est en forte augmentation ces dernières années.

Sur l'ensemble de l'année dernière, l'organisme a collecté et analysé 79 376 informations. Un chiffre en hausse de 12% par rapport à 2017 et de 75% par rapport à 2015, selon le ministère des Comptes Publics. Une hausse attribuée à la « vigilance pérenne » des professionnels assujettis au dispositif de lutte contre le blanchiment.

En 2018, 96% des informations reçues par Tracfin ont ainsi émané des « professionnels déclarants ». Parmi elles, le secteur financier représente « 94% du nombre de déclarations de soupçon reçues », selon le ministère. Une quarantaine de professions ont en effet l'obligation de déclarer à l'agence les sommes ou opérations qui leur semblent litigieuses. Parmi elles, les banques, les assurances, les notaires, les agents immobiliers ou encore les cercles de jeux.

Au sein du secteur financier, les établissements de paiement se sont particulièrement distingués l'an dernier : les transmissions de déclarations ont augmenté de 40%. La progression a été marquante chez les intermédiaires en financement participatif, + 213%, et en monnaies virtuelles, + 54%.

Recul de la participation des professionnels non financiers

Concernant les professionnels non financiers, Bercy note à l'inverse un « recul significatif » de la participation des experts-comptables, -9%, et des commissaires aux comptes, à -18%. L'implication de certains secteurs est toujours jugée « insuffisante », c'est le cas notamment du secteur de l'art et des agents sportifs.

Tracfin a ainsi réalisé 14 554 enquêtes, qui ont débouché sur l'envoi de 3 282 notes à l'autorité judiciaire ou aux autres services de renseignement. Un chiffre en hausse de 26%.

En matière de lutte contre le financement du terrorisme, 1 038 notes de renseignement ont été rédigées. « Cela constitue une augmentation de 51% par rapport à 2017 », précise le ministère, qui insiste sur « l'explosion des demandes d'information » en provenance de l'étranger.

La France sera évaluée à partir de la fin de l'année 2019 par le Gafi, le Groupe d'action financière, organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le rapport final devrait être publié en 2021.

Sandrine Serais