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VIDÉO - En France, le taux d'absentéisme augmente dans le secteur privé

VIDÉO - Selon une étude Ayming-AG2R La Mondiale, l’absentéisme en France est passé de 4,59% en 2016 à 4,72% en 2017, soit en moyenne 17,2 jours d’absence par an et par salarié avec des disparités selon les secteurs d'activités, les régions et l'âge des salariés.

17,2 jours d’absence par an et par salarié en 2017 contre 16.8 jours en 2016. Le 10ème Baromètre de l’Absentéisme et de l’Engagement du cabinet Ayming est formel : le taux d’absentéisme est globalement en augmentation en France. Le taux global de l’absentéisme en France en 2017 a repris sa progression, passant de 4,59% en 2016 à 4,72% en 2017. Cette étude note néanmoins des nuances selon les secteurs d’activité, l’âge et les régions.

C’est en Corse que la hausse est la plus importante avec 6,99%, devant l’Occitanie (5,50%), le Grand-Est (5,06%) et la Normandie (4,90%). "Ces régions présentent des taux de chômage élevés et la crainte de ne pas retrouver un emploi freine les salariés à partir d’un emploi insatisfaisant. Dans la durée, l’insatisfaction d’un poste augmente l’absentéisme". À l’inverse, l’absentéisme est en baisse dans les Hauts de France (4.69%) ou les DOM-TOM (4.02%).

Les femmes plus exposées

Les secteurs les plus touchés sont ceux de la santé, de l’industrie et du commerce dans lesquels l’absentéisme a augmenté respectivement de 5,31%, 3,94%, 4,86% quand, dans les services il est passé de 5,48% en 2016 à 4,84% en 2017.

Les femmes sont plus exposées avec un taux de 5,30% contre 3,54% pour les hommes. Les auteurs de l’étude expliquent cette situation: "Les Femmes occupent des postes générateurs de problèmes de santé plus importants. De plus, en dépit des évolutions sociétales, elles gèrent toujours plus de charges domestiques". Ils précisent aussi un élément sociétal récurrent: "Elles sont plus en situation monoparentale que les hommes. Moins reposées, davantage exposées, leur santé est fragilisée et leur guérison, plus difficile".

Des nuances entre l'âge et l'ancienneté

Reste à connaitre l’absentéisme par classe d’âges. L’étude Ayming-Kantar TNS 2018 apporte aussi un éclairage sur ce point. Les seniors déclarent des absences plus longues. "En moyenne les absences durent moins d’une semaine pour 60% des jeunes (moins de 30 ans), elles durent plus d’un mois pour 41% des 50-54 ans et pour 45% des plus de 55 ans". Certaines "situations les contraignent davantage à s’absenter", indique l'étude qui note "des pathologies plus lourdes chez les seniors ou des situations de salariés-aidants".

Mais cette situation est à nuancer avec l’ancienneté. Le taux d'absentéisme "est toujours plus élevé pour les salariés arrivés dans l’année que pour ceux d’une ancienneté plus grande. Ils sont dans des parcours d’intégration ou des process de tutorat et d’accompagnement souvent peu structurés", explique le cabinet. 

À partir de cinq années d’ancienneté, l’absentéisme diminue de plus de 30%. "Avec le temps, un salarié est davantage responsabilisé et a davantage de probabilité d’avoir pris des engagements astreignants dans sa vie privée (achat immobilier, crédit à la consommation, enfants et vie familiale, activités bénévoles...)".

Méthodologie des études :

- Etude quantitative de l’absentéisme en France en 2017 réalisée en partenariat auprès de 46 540 entreprises employant 1 836 802 salariés du secteur privé.

- Etude qualitative Ayming-Kantar TNS conduite par téléphone en mai 2018 auprès de 1000 salariés du secteur privé en France.

Pascal Samama