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Nouveaux agriculteurs: beaucoup de jeunes et de femmes

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- - Eyrecke -Pixabay

En 2018, 70% des nouveaux exploitants agricoles avaient moins de 40 ans. Les femmes sont également plus nombreuses.

Les nouveaux exploitants agricoles sont surtout des jeunes. Sur les 14.000 nouveaux arrivés en 2018, presque 70% avaient ainsi moins de 40 ans. Les aides européennes à l’installation, réservées à cette catégorie d’âge, y sont sans doute pour quelque chose.

Groupe d'associés

Ces jeunes salariés se rassemblent le plus souvent en sociétés, avec une préférence pour les structures de dix associés maximum. Et pour la première fois depuis 2008, la surface moyenne du jeune installé a diminué, passant de 37 hectares en 2017 à 35,6 hectares. Chez les nouveaux agriculteurs de plus de 40 ans, la moyenne est bien inférieure, tournant autour de 25 hectares. Ce qui augmente, c’est la proportion des femmes, qui représentent 40% des nouveaux arrivants.

Trouver des repreneurs

L’étude de la MSA, la sécurité sociale agricole, relève aussi une légère baisse du nombre d’arrivants: 400 de moins que 2017. Dans les Côtes-d’Armor, se sont justement 400 exploitations qui sont à vendre, dénombre le Ouest-France. Et l’année dernière, seulement 150 ont retrouvé preneurs.

Le journal rapporte le témoignage d’Etienne Doré, un éleveur de porcs de 62 ans qui ne retrouve pas repreneur: "Oui, des agriculteurs sont dans la galère. Mais on ne parle jamais de la majorité qui s’en sort plutôt bien. Oui, j’ai subi des crises porcines, mais j’ai connu de très bonnes années aussi. Il faut regarder sur la globalité d’une carrière. À six, avec nos quatre enfants, nous avons vécu des années confortables grâce à ce métier", défend-il.

Conditions de travail contrastées

La semaine dernière, l’Insee publiait un rapport sur le salaire des agriculteurs français. Près de 20% d’entre eux n’ont pas eu de salaire en 2017. Le plus dur, c’est pour les éleveurs "d'ovins, caprins, équidés, autres animaux" qui ont touché en moyenne 620 euros par mois. Ceux qui sortaient le mieux: les viticulteurs, malgré une baisse moyenne de leur salaire.

Ces chiffres restent bien une moyenne et ne doivent pas cacher la réussite de certaines exploitations, comme le défendent des agriculteurs qui ont ainsi critiqué le film Au nom de la Terre d'Edouard Grangeon. Ce succès du box office français retrace en effet la descente aux enfers d'un chef d'exploitation piégé par ses dettes. Mais garde des scènes de bonheurs simples et d'évasion dans la nature qui sont autant d'odes au métier.

Fanny Guyomard