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Associations caritatives: les Français ont donné 95 euros de plus en 2020

Selon le baromètre annuel Ipsos/Apprentis d’Auteuil, le versement moyen déclaré -395 euros- a augmenté de 32%. En revanche, les Français prêts à se montrer plus solidaires du fait de la crise sont moins nombreux qu'il y a un an.

Aider ceux qui en ont besoin. En mai dernier, deux Français sur trois avaient envie de se montrer plus solidaires du fait de la crise. Près d'un an plus tard, ils sont 52% à répondre que le contexte économique et social les y incite toujours, selon l’édition 2021 du baromètre Ipsos/Apprentis d’Auteuil*.

Sentiment que l’Etat se mobilise déjà beaucoup, manque de moyens financiers, repli sur soi intensifié par les nouvelles mesures de confinement? Difficile d'identifier précisément les causes de cette baisse sensible. Mais, au final, la part des Français qui ont l’habitude de se montrer généreux n’a pas vraiment baissé.

Nous avons pu craindre l’an dernier que la pandémie et le premier confinement provoquent un repli sur soi et freinent la générosité des Français. Il n’en a rien été et la stabilité reflétée par cette enquête dans l’intention de donner est encourageante", souligne Stéphane Dauge, le directeur de la communication et de la collecte d’Apprentis d’Auteuil.

Don moyen des Français les plus aisés: 2463 euros

Un foyer sur deux a effectué au moins un don en 2020. Surtout, le montant moyen versé par chacun d’entre eux a clairement augmenté, passant de 300 à 395 euros, soit une hausse de 32%. De plus, il n’est pas question -pour 87% d’entre eux- de revenir à une somme plus modeste cette année.

Cette tendance vaut aussi pour les Français les plus aisés (revenu annuel net du foyer supérieur à 120 000 euros). Ceux qui sont habitués à soutenir les causes qui leur sont chères ont davantage mis la main à la poche. Sur l’année 2020, ils déclarent avoir donné 2463 euros en moyenne, soit 323 euros de plus qu’en 2019. Et, parmi eux, une moitié (48%) pense donner encore davantage cette année.

On notera au passage que le relèvement de 552 à 1000 euros du plafond de défiscalisation (pour les associations caritatives bénéficiant d'une réduction d'impôt de 75% sur le don versé) a eu un double effet auprès des contribuables payant le plus d’impôts. Certains en ont profité pour se montrer plus généreux. Ils sont ainsi 15% à déclarer avoir donné entre 501 et 1000 euros contre 9% en 2019. Mais, par ailleurs, ceux qui ont versé plus de 1000 euros sont clairement moins nombreux (45% des donateurs aisés contre 55% en 2019).

L'aide aux plus démunis devance la santé et la recherche

Le plafond de 1000 euros s'est donc un peu imposé comme une barrière psychologique. Du moins pour ceux qui n’ignorent pas l’existence de ce relèvement. Un tiers des donateurs aisés déclarent en effet ne pas savoir que le plafond est passé de 552 à 1000 euros en 2020. Et une majorité d’entre eux ignore que cette mesure fiscale a été reconduite cette année.

Enfin, les causes soutenues prioritairement par les Français ont également un peu changé par rapport à l’an passé. L’aide aux plus démunis est désormais la cause prioritaire. Elle est citée par 36% des répondants (contre 27% en 2020) devant la santé et la recherche médicale (34%). Avec une attention plus marquée pour les actions de proximité. 22% des donateurs comptent donner davantage aux petites associations locales.

* Méthodologie de l’enquête: Ipsos a reconduit le dispositif d’étude mis en place pour Apprentis d’Auteuil l’an passé. Dans ce cadre, 1000 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française, ainsi que 500 personnes dont le revenu annuel net du foyer est supérieur à 120 000 € (moins de 2% des foyers fiscaux) ont été interrogées en ligne du 5 mars au 18 mars 2021.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco